Dans la jungle- Adeline Dieudonné
Éditions de L'Iconoclaste, avril 2026, 432 pages
Tout commence par une fin. Deux familles, liées par le sang, se retrouvent chez le notaire après un drame dont on ignore encore les contours. Adeline Dieudonné choisit de remonter le temps, de tirer lentement le fil des années jusqu'à révéler l'origine de l'irréparable. Une construction aussi habile que redoutable.
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Oui, Dans la jungle parle des violences faites aux femmes. Mais il le fait avec une justesse et une acuité qui dépassent le simple constat. Ici, la violence ne surgit pas : elle s'installe. Elle infiltre le quotidien, ronge les silences, fissure les êtres jusqu'à les engloutir.
Sous les apparences d'une famille bourgeoise belge sans histoire, Aurélie s'éteint à petit feu. Ce qui se joue derrière les portes closes est une lente dépossession de soi, une agonie intime que l'autrice raconte avec une précision presque chirurgicale.
Adeline Dieudonné excelle à faire monter la tension sans jamais hausser le ton. Chaque chapitre resserre un peu plus l'étau, jusqu'à rendre l'issue inévitable. Impossible de rester à distance. J'ai lu ce roman la gorge serrée, les yeux souvent brouillés de larmes, le cœur profondément meurtri pour Aurélie et ses enfants.
Un roman d'une force saisissante, qui bouleverse autant qu'il révolte. Une lecture qui laisse une empreinte durable, parce qu'elle raconte l'indicible avec une lucidité implacable.