Nos accords imparfaits- Gilles Marchand, Cécile Dupuis
Éditions Casterman, janvier 2026, 155 pages
Les histoires d’amour finissent-elles inévitablement par se fracasser contre le silence du quotidien ? Mythe romantique ou vérité universelle ? Anton et Hélène semblaient pourtant avoir trouvé la bonne mesure : une histoire lumineuse, presque trop parfaite pour résister à l’usure du temps. Mais peu à peu, les gestes se répètent, les mots se raréfient, la routine s’installe et, avec elle, cette distance imperceptible qui finit par fissurer l’élan amoureux. Jusqu’à la rupture. Reste alors une question, aussi simple que vertigineuse : peut-on réparer ce qui s’est brisé ?
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Dans cette bande dessinée délicate et profondément mélancolique, la musique irrigue chaque page. Elle accompagne les émotions, les rapprochements, les éloignements, mais surtout les silences — ces silences lourds, tendres ou douloureux, qui disent parfois davantage que les mots. Les textes de Gilles Marchand et les dessins de Cécile Dupuis composent ensemble une partition d’une grande justesse, où chaque nuance émotionnelle trouve sa place.
J’ai été touché par la finesse avec laquelle les auteurs racontent l’érosion du sentiment amoureux sans jamais tomber dans le pathos. Tout est dans les regards, les hésitations, les non-dits. Quelques fausses notes traversent cette histoire, bien sûr, mais elles ne brisent jamais l’harmonie de l’ensemble ; elles la rendent au contraire plus humaine, plus sincère.
Une œuvre sensible et poétique, qui parle d’amour avec douceur, lucidité et infiniment de justesse.