Les enfants d’Izieu, Rolande Causse-Gibel, Gilles Rapaport
Éditions D’Eux, mars 2024, dès 10 ans
J’ai découvert la Maison d’Izieu à mon arrivée en Savoie. Située à seulement quarante-cinq minutes de chez moi, et sachant que ma fille ira la visiter avec son école en fin d’année, ma curiosité a naturellement été éveillée.
Le 6 avril 1944, quarante-quatre enfants juifs et sept adultes furent arrêtés puis déportés par la Gestapo lors de la rafle d’Izieu. Ce lieu, pensé comme un refuge, un havre de paix loin des persécutions, bascula brutalement dans l’horreur sous la menace allemande. Seule Léa Feldblum, éducatrice de la colonie, survivra à la déportation.
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Avec une écriture empreinte de poésie et de pudeur, malgré la violence indicible des faits, Rolande Causse-Gibel interroge notre rapport à l’Histoire, à l’inhumanité, à l’incompréhensible. Pourquoi ? Comment de telles atrocités ont-elles été possibles ? Des questions qui résonnent longtemps après la lecture et auxquelles aucune réponse ne semble réellement suffisante.
Les illustrations de Gilles Rapaport, réalisées au fusain, accompagnent ce récit avec une puissance bouleversante. D’abord délicat, presque fragile, le trait s’assombrit progressivement au fil des pages, devient plus dense, plus oppressant, jusqu’à envahir l’espace d’une noirceur suffocante — comme une cicatrice impossible à refermer, une tache de sang noir imprimée dans la mémoire.
Cette lecture m’a profondément remué. Le destin de ces enfants bouleverse autant qu’il révolte. Rien n’est édulcoré, et il ne faut surtout pas que cela le soit. Les enfants sont capables d’entendre, de comprendre, d’apprendre. Parce que la réalité de l’Histoire existe. Parce que le devoir de mémoire est essentiel.
Je sais désormais qu’il me faudra aller à la Maison d’Izieu avec ma famille. Pour ces enfants. Pour notre Histoire. Pour ne jamais oublier.