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25 octobre 2025

Nous sommes faits d’orage- Marie Charrel

Éditions les Léonides, août 2025, 397 pages

 

Avec Nous sommes faits d’orage, Marie Charrel nous emmène au cœur de l’Albanie, dans un récit où le temps se plie, se replie, et finit par se confondre. Trois temporalités se croisent, se répondent, et autour d’elles gravite une énigme : retrouver Elora, une figure absente, presque mythique, au centre d’une histoire familiale tiraillée entre légendes et silences.

 

 

Dès les premières pages, on sent la richesse du projet. Le roman est ambitieux, construit comme un immense puzzle, à assembler morceau par morceau, sans garantie de tout comprendre dès le départ. Et c’est aussi ce qui fait sa force… mais parfois aussi sa faiblesse.

 

Il faut saluer le travail colossal de l’autrice : la structure narrative complexe, les multiples personnages, l’ancrage dans les traditions albanaises, les extraits du Kanun (ce code coutumier ancien), les croyances locales… tout cela donne une profondeur presque hypnotique au récit. L’Albanie devient un personnage à part entière, mystérieuse, rugueuse, insaisissable.

 

Mais cette richesse peut aussi étouffer l’intrigue principale. L’envie de suivre Elora, de comprendre son histoire, se heurte parfois à la densité du propos, aux va-et-vient chronologiques qui demandent une attention constante, et à la multiplicité des figures secondaires.

 

Il y a des passages que j’ai trouvés superbes, des atmosphères qui m’ont happée, des montagnes dans lesquelles je me suis sentie pleinement immergée. Mais au fil des pages, je me suis perdue, un peu comme on s’égare sur un sentier mal balisé. L’intérêt est resté, mais pas sans frustration.

 

C’est un roman que je recommanderais aux lecteurs et lectrices qui aiment se laisser porter par des récits complexes, à tiroirs, où l’histoire importe autant que la manière dont elle est racontée. À ceux qui aiment les récits sensoriels, enracinés dans un territoire, et qui ne craignent pas d’être un peu bousculés.

 

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