Du côté des vivants- Violaine Bérot
Éditions Buchet Chastel, août 2025, 167 pages
« Il a décidé. Il est sûr de lui. Pour une fois sûr, absolument sûr, convaincu. Il dira non. À tout ce qu’on lui proposera, il répondra non. Il se donne six mois. Six mois maximum, sans doute moins. Six mois de fêtes furieuses. »
Dès les premières lignes, le ton est donné. Greg ne veut plus. Plus de soins, plus de traitements, plus de tentatives. Il veut dire non. Il choisit de vivre ses derniers mois selon ses propres règles, dans un monde qui ne cesse de vouloir le maintenir en vie malgré lui.
Autour de lui, la vie d’un hôpital : le médecin, les infirmières, les aides-soignantes… Et puis Alphonse, vieil homme au cœur usé, silencieux compagnon de chambre. Les proches aussi, bien sûr — ceux pour qui la vie continue, coûte que coûte. Mais Greg ne veut plus être. Alors que faire, quand tout ce qui gravite autour de vous n’a pour seul but que de vous retenir ici ?
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J’avoue, je craignais cette lecture. La chambre 308 m’intimidait.
Moi qui ai raccroché la blouse blanche il y a trois mois, après vingt ans dans les soins, j’avais peur de replonger.
Replonger dans cet univers d’hôpital si familier : couloirs froids, sous-effectifs chroniques, solitude, mort omniprésente. Rien que d’y penser, j’avais quelques suées d’avance.
Et puis, un soir, porté par une douce nostalgie — parce que vingt ans, ce n’est pas rien — j’ai ouvert le roman. Je ne l’ai plus lâché.
Du côté des vivants est un roman intime, passionné, et profondément humain. Violaine Bérot y aborde des sujets lourds — la mort, le droit de dire non, l’éthique médicale, la santé publique — avec une justesse rare.
Pas de pathos, pas d’effets de manche. Tout est sobre, posé, mesuré.
Les personnages sont lumineux, profondément attachants. On sent l’amour, la pudeur, la rage aussi, parfois. Une rage douce, contenue, mais bien là.
« La mort qui vient, c’est le corps chaud d’un enfant qui appuierait trop fort sur le cœur. »
Cette phrase m’a transpercé. Comme tant d’autres, disséminées dans ce texte délicat, presque fragile, mais jamais flou.
Un roman bouleversant, qui donne de la voix aux Hommes.
Et à ceux qui, comme moi, ont un jour soigné, accompagné, ou simplement écouté — il vous parlera avec une intensité toute particulière.