Les hommes de Shetland- Malachy Tallack
Éditions Buchet Chastel, août 2025, 282 pages
Un roman où le silence a son propre tempo.
Jack vit seul, replié dans un quotidien fait de silence, de rituels simples et de musique country. Une routine qu'il n’a pas choisie par dépit, mais qui lui convient. Pourtant, l’irruption d’un chaton et d’une fillette dans son univers va peu à peu fissurer son isolement, sans bruit, sans drame, presque à son insu.
/image%2F1371255%2F20250727%2Fob_44eabe_bc.jpg)
Ce roman joue la carte de la lenteur assumée. Rien ne semble y arriver, et pourtant tout se transforme. L’auteur choisit de s’attarder sur les détails, les silences, les gestes anodins — une approche qui pourra séduire les amateurs de Nature Writing ou de récits contemplatifs, mais qui pourra aussi laisser certains lecteurs sur leur faim. L’absence de véritable intrigue ou de tension narrative peut dérouter.
L’écriture, en revanche, mérite qu’on s’y attarde : elle est fluide, poétique sans être précieuse, avec un soin particulier accordé aux descriptions et à l’ambiance. La musique, fil conducteur inattendu mais bienvenu, donne une couleur singulière à l’ensemble. La fin du roman, d’ailleurs, réserve une jolie surprise à ce sujet.
Mention spéciale à la couverture, qui reflète à merveille la douceur un peu mélancolique du texte.
En somme, une lecture apaisante, presque immobile, qui ne conviendra pas à ceux en quête de péripéties, mais qui touchera ceux qui savent apprécier les histoires qui prennent leur temps — comme une chanson de country au coin du feu.