La Petite Lumière- Grégory Panaccione, Antonio Moresco
Éditions Delcourt/Mirages, mai 2023, 248 pages
Il y a des bandes dessinées qui racontent beaucoup avec des mots. Et puis il y a celles qui savent faire parler les silences. La Petite Lumière appartient définitivement à cette seconde catégorie.
Un vieil homme vit seul, isolé de tout. Les jours passent, semblables les uns aux autres, et la routine semble avoir fini par devenir sa seule compagne. Jusqu’à cette nuit où, au loin, une petite lumière apparaît.
Mais d’où vient-elle ? Et surtout, comment est-ce possible ? N’est-il pas censé être le seul homme à vivre dans ce hameau ?
La question s’installe, doucement. Le vieil homme réfléchit, hésite, puis décide finalement de partir à la rencontre de cette mystérieuse lumière.
Et là, j’ai envie de faire silence à mon tour. Je ne vous en dirai pas davantage sur ce qui l’attend. Parce que je crois que cette histoire mérite d’être découverte sans trop savoir où elle nous emmène.
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Grégory Panaccione laisse énormément de place au lecteur. Il dit peu, suggère beaucoup, et me laisse contempler les planches, m’attarder sur un regard, un paysage, un détail, une lumière. J’ai aimé prendre mon temps, revenir sur certaines images, essayer de comprendre ce qui se cachait derrière ce que je voyais.
Il y a quelque chose d’étrange dans cette lecture, presque hors du temps. Une atmosphère qui m’a enveloppée petit à petit. Ce n’est pas une histoire particulièrement joyeuse, loin de là, mais j’y ai trouvé énormément de douceur et de bienveillance.
La Petite Lumière, c’est avant tout une rencontre. Une rencontre inattendue, qui m’a serré le cœur à plusieurs reprises et qui m’a laissé une drôle de sensation une fois la dernière page tournée.
J’ai été particulièrement sensible au travail sur les mots et les traits. Tout semble maîtrisé, précis, à sa juste place. Les silences ont autant d’importance que les dialogues et les dessins racontent parfois bien plus que ce qui est écrit.
Et puis il y a toutes ces questions qui restent avec moi après la lecture : le temps qui passe, la solitude, ce que l’on fait de ses dernières années, la présence des absents et cette mort qui, tôt ou tard, finit par nous rattraper.
Une lecture qui m’a émue et qui m’a surtout donné envie d’aller plus loin. Cette adaptation est une très belle découverte et, maintenant, j’ai très envie de me plonger dans le roman éponyme d’Antonio Moresco pour découvrir une autre version de cette histoire.
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Un petit coup de cœur pour cette œuvre délicate, mystérieuse et profondément humaine.