Déshumaine- Loulou Robert
Éditions Gallimard, mars 2025, 172 pages
En puisant dans les zones les plus sensibles de son expérience intime, Loulou Robert compose un roman d’une intensité rare, à la fois provocateur et viscéral. Déshumaine n’agit pas comme un simple récit : il s’impose comme une secousse, un déplacement, un trouble durable.
L’autrice y explore le vide d’une écrivaine en perte d’elle-même, une femme qui se désagrège lentement et bascule vers une forme de folie — ou peut-être vers une vérité plus nue, plus animale, débarrassée des faux-semblants humains.
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Le style, d’une sécheresse maîtrisée, s’articule en phrases brèves, incisives, presque chirurgicales. Cette écriture coupante épouse admirablement la noirceur du propos et confère au texte une tension continue.
La première personne, elle, fonctionne comme une plongée directe dans les méandres de la narratrice : un accès sans filtre à ses failles, à ses impulsions, à cette part d’obscurité qui la dévore et la révèle à la fois.
Lectrice fidèle de Loulou Robert, j’ai été touchée par chacun de ses précédents romans. Mais celui-ci se distingue : il frappe autrement, plus loin, plus profond, grâce à l’engagement farouche de l’autrice pour la cause animale. Cette dimension confère au livre une tonalité presque incantatoire, comme un cri venu du fond de la gorge.
Un texte âpre, déchirant, et d’une beauté sombre — de ceux qui continuent de résonner longtemps après la dernière page.