Alma Éditeur, parution avril 2017, 191 pages

 

     Gaspard, jeune garçon, fuit un père violent, avec pour seule compagnie son chien. Les deux compagnons prennent la route vers la forêt, leur unique refuge. Les heures et les jours s’enchaînent, ils sont affamés, épuisés et sales. La forêt est le camp des autres, le refuge des Hommes rejetés volontairement ou non.

« Elle est alors devenue le refuge de ceux qui se refusaient à l’homme et de tous ceux que l’homme refusait. Elle est l’autre camp. Le camp des autres. »

     Un jour, Gaspard se réveille dans une cabane, son chien à ses côtés. Il a été recueilli par le ‘sorcier’ Jean-le-Blanc par qui il s’initie à l’herboristerie afin de fabriquer des potions médicinales. Gaspard décèle le pouvoir des plantes, s’approprie la nature à travers Jean-le-Blanc. Celle qui croyait être son ennemi est finalement son allié, sa force et son atout. Il élargit ses horizons avec un groupe de nomades hétéroclites aux parcours plus que singuliers, venus squatter chez le sorcier. Gaspard est curieux, avide d’expérience et de liberté, il suit tout ce petit monde, cette caravane à Pépère à travers les routes de France.

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« Ne te laisse jamais enfermer petit. Si quelqu’un par un beau jour te dit que tu ne vaux rien dis-toi qu’il te veut à son service et quand tu le croiras tu seras son esclave. Tu sais ce que nous avons tous en commun ? Nous sommes des fuyards debout. C’est le Non qui nous tient. »

 

     Un début de lecture dur. Le contenu est sombre, froid, cru, brut. Je me suis accrochée et j’ai découvert la plume poétique de Thomas Vinau axée principalement sur le descriptif de la forêt, lui donnant ainsi vie, tel un personnage.

« Les clochettes glacées de l’eau un peu plus loin. Les arbres qui font craquer leurs vertèbres. Le froissement des ailes et des feuilles mêlées. La terre qui se recroqueville en croustillant. Des fouissements dans les buissons. »

« Dans le ventre sauvage d’une forêt, la nuit est un bordel sans nom. Une bataille veloutée, un vacarme qui n’en finit pas. Un capharnaüm de résine et de viande, de sang et de sexe, de terre et de mandibules. Là-haut la lune veille sur tout ça. »

     Hélas, l’auteur m’a perdue lorsque le récit bifurque sur la caravane à Pépère. Certes le sujet est très intéressant, ces exclus de la société méritent amplement leur place en littérature mais je n’étais pas allée au bout de l’histoire entre Gaspard et Jean-le-Blanc, je voulais que cette douceur perdure mais à la place je n’ai eu que violence, inégalité, rejet et je n’attendais pas ça dans cette lecture, grosse frustration. Même si cela ne m’a pas convaincue à 100%, Thomas Vinau signe là un bel hommage aux sans-abris, sans-papiers, sans-patrie. Preuve que notre monde est une richesse d’humanité. Reste à l’Homme à en accepter les conditions…ou pas !

 

     Lecture faite dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2017 avec Priceminister. Je les remercie pour l'envoi du livre.