Mes écrits d'un jour

24 septembre 2018

Un gentleman à Moscou- Amor Towles

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Fayard, août 2018, 573 pages

 

     Le 21 juin 1922, le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par le tribunal bolchévike à vivre en résidence surveillée dans l’hôtel Metropol de Moscou. Il est l’auteur d’un poème un peu dérangeant, écrit en 1913. Sans rechigner il accepte son sort, hantant cet hôtel durant trente ans.

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     Une magnifique couverture et un synopsis envoûtant n’auront pas suffit à me charmer pour apprécier ce roman à sa juste valeur. Dommage, j’en attendais beaucoup au vu des éloges faites par le New-York Times. Le rythme est très lent, les personnages nombreux, les saynètes se succèdent, les descriptions sont plombantes. Un peu fourre-tout et ‘fourre-rien’. Au bout de trente ans d’enfermement, j’espérais sortir de cet hôtel, et puis rien, plus de 500 pages où l’auteur tourne en rond et finit par se mordre la queue.


23 septembre 2018

La disparition d’Adèle Bedeau- Graeme Macrae Burnet

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Sonatine, août 2018, 281 pages

     Manfred Beauman est un loup solitaire ayant ses petites habitudes au bar du village. Il y prend tous ses repas, boit des coups en observant Adèle Bedeau, la jolie serveuse de 19 ans. Mais un soir, elle disparaît. L’inspecteur Georges Gorski est chargé de l’enquête. Dès le premier interrogatoire de Beauman il comprend très vite que ce dernier lui cache des éléments sur la jeune Adèle. Cette affaire le projette 20 ans en arrière sur un fait divers, la mort de Juliette Hurelle. Pour lui, le coupable était innocent. Y voit-il un lien entre les deux enquêtes ? Cette petite ville d’Alsace va vivre des rebondissements.

 

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     N’étant guère fan des romans policiers, je démarrai ma lecture un peu réticente. Et par manque de chance, la première partie fut longue à lire, sans relief. D’où ma question : un roman policier sans rebondissement est-il un roman policier ? Et boum, le chapitre qui déclenche tout. L’enquête s’intensifie, se resserre et ce jusqu’à la fin. Les nerfs du lecteur sont soumis à rude épreuve. Beauman est-il le coupable idéal ? Chaque élément finit par trouver sa place dans la construction du récit. Je me suis laissée porter par cette intrigue palpitante. Me voilà donc ouverte à d’autres lectures de policiers.

21 septembre 2018

Dépasse-toi Léa !- Édith Deprendez

Les Éditions du Vénasque, août 2018, 236 pages

 

     Rien ne va pour Léa. Son année de troisième part en sucette. «  Moi c’est Léa. Cette année je redouble ma troisième et ça me tue : ma vie est pourrie. » Elle est le bouc émissaire de certaines filles du collège et son prof de français veut l’initier à la littérature. Non, mais où va-t-on ? Comme pour lui changer les idées, son amie Célestine lui propose d’assister à un stage de théâtre sur Paris. Et pourquoi seulement y assister ? Et si l’envie de monter sur scène lui prenait.

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     Édith Deprendez  offre à la littérature jeunesse un bien joli premier roman. Une écriture efficace, sans chichis, accessible à tous. Car oui il s’agit bien d’un texte universel. En effet, il concerne les ados en mal de vivre mais aussi les parents et l’entourage souvent démunis lors du passage à l’adolescence de leurs chérubins. Léa nous emmène dans un tourbillon d’émotions, nous passons du rire aux larmes. C’est frais, doux, joyeux, porteur de vie et d’espoir. Et puis comment ne pas succomber devant cette mise en lumière de la littérature et de la culture au sein de la scolarité. Oui c’est important. Oui c’est valorisant. Oui c’est indispensable. J’ai été tellement emballée que j’en attends un tome 2…Édith ?

 

 

19 septembre 2018

Le Logis du Musicien à Mirebeau

 

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     Dimanche dernier se tenaient les Journées du Patrimoine, l’occasion pour moi de découvrir le Logis du Musicien à Mirebeau (Poitou-Charentes). Projet de restauration tenu par l’écrivain Erwan Larher et auquel j’ai participé en tant que donatrice. Erwan tient à faire de ce patrimoine culturel une habitation mais également une résidence d’écriture, lieu calme où la création s’éveillera.

     Le Logis du Musicien est une maison constituée de deux corps de bâtiments datant du XVème siècle, reliés par une tour contenant un escalier. Elle se présente en L avec une immense cour intérieure.

 

     Dimanche, était l’occasion de visiter les lieux avec Erwan en guide s’il vous plaît. 45min d’explications, d’émotions, d’amour et d’enthousiasme. Voir le regard d’Erwan qui pétille de fierté est juste magique pour nous. Étaient présents également des auteurs, soutiens indéfectibles du projet, chacun nous présentant une lecture de son roman : Laurent Bénégui La part des anges (Julliard). Gaëlle Pingault Il n’y a pas internet au paradis (Jasmin). Loulou Robert  Sujet inconnu (Julliard). Et Erwan Larher Marguerite n’aime pas ses fesses (Quidam) et Le livre que je ne voulais pas écrire (Quidam). 2Ont suivi un pique-nique partagé et un concert du groupe Hillside Project. Je vous avoue avoir fondue sur la voix du chanteur, frissons garantis et Erwan ne peut pas me contredire. L’Improbable librairie à but associatif se tenait à notre disposition avec les romans de chaque auteur mais pas que.

 

 

     Pour que cette œuvre architecturale puisse renaître et vivre de littérature Erwan a besoin de nous. Je vous invite à visiter le site de la Fondation du patrimoine tout vous y est expliqué dans les moindres détails et puis un p’tit clic pour soutenir ce projet qui mérite tout notre soutien et notre admiration.

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16 septembre 2018

Interview 'Lux and her books'

 

Bandeau Interview

 

Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux!

     Aurélie, poitevine et addict aux livres depuis gamine… J’ai ouvert ce blog Lux and her books en décembre 2017 donc il est tout récent. Je me contentais auparavant de poster mes critiques littéraires sur Babelio, mais à force d’entendre "tu as un blog ?", j’ai fini par sauter le pas. C’est une façon d’archiver mes plus belles lectures et surtout de partager avec d’autres passionnés, ce que je préfère dans la sphère des blogs. Je cherche d’ailleurs quelqu’un qui voudrait écrire avec moi donc si ça intéresse quelqu’un… ^^

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Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant?

     Ma première grande passion, c’est le roman historique qui prend place durant la Seconde Guerre mondiale, donc ce genre de romans représente une très grande partie de mes chroniques. Après, je suis une grande fan du roman contemporain sous toutes ses formes. J’aime aussi énormément le post-apocalyptique, les mangas et le young-adult.

 

Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.

     J’ai eu plusieurs rencontres littéraires marquantes à différentes époques. Je me rappelle du choc "Antigone" de Jean Anouilh au collège – j’avais même interprété l’héroïne lors d’un exercice de théâtre devant toute la classe et ça reste un souvenir marquant tellement la fille extrêmement timide que j’étais avait donné l’impression d’être en transe ! Ensuite, il y a eu "Les noces barbares" de Yann Queffélec, offert par ma mère, qui m’a bouleversée et m’a fait comprendre que je voulais devenir romancière. Beaucoup plus tard, j’ai été subjuguée par deux classiques qui restent pour moi parmi les plus beaux au monde : "Le portrait de Dorian Gray" d’Oscar Wilde et "Les Hauts de Hurlevent" d’Emily Brontë.

 

Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.

     La duologie "Six of Crows" de Leigh Bardugo est venue bousculer tous mes romans préférés pour se hisser très fièrement à la toute première place. Je ne me suis pas encore remise de ces livres ; ce sont de purs chefs d’œuvre (et je harcèle mes proches pour qu’ils les lisent.) L’univers est incroyable, le scénario fabuleux, les dialogues extraordinaires, et les personnages… c’est miraculeux d’avoir créé une œuvre aussi aboutie. J’aurais aimé avoir l’idée et le talent pour écrire ces livres. C’est une lecture magnétique, puissante, magistrale. Je crois que je pourrais relire cette duologie cent fois, je serais toujours aussi émue et émerveillée par tant de virtuosité et d’excellence. (Et j’en ai encore trop parlé, pardon.)

 

En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?

     Pas thé : café très noir ! Le meilleur moment de la journée, c’est le soir : allongée dans mon lit, avec la bouillote-renard (oui je suis frileuse), le petit sachet de bananes chips et LE roman… Parfois, j’écoute de la musique épique pendant que je lis : Audiomachine, Two Steps From Hell ou encore E.S. Posthumus. Ça rend la lecture encore plus grandiose, je trouve…

 

Un petit mot pour la fin?

     C’est une très gentille attention, cette interview… alors un gros merci-poutoux à Héliéna (mais quel joli prénom !) et belles lectures à tous :)

 

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12 septembre 2018

Ma mère, le crabe et moi- Anne Percin

Le Rouergue, octobre 2016, 127 pages

 

     Le crabe. Ce foutu cancer dont souffre la maman de Tania. Les deux femmes font face, ensemble, s’épaulent et se réchauffent pour contrer la maladie. Durant six mois, Tania nous raconte une période charnière pour elle, où les nouveaux défis se succèdent la rendant ainsi autonome. « Tout arrive, dans la vie. Si le pire peut arriver, c'est que le meilleur aussi. Y'a pas de raison. Après tout. »

 

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     Anne Percin joue sur la corde sensible pour parler d’un thème délicat à hauteur d’ado. Le rendant aussi drôle qu’émouvant, aussi douloureux qu’agréable. Elle dédramatise la situation en la rendant plus humaine, en s’attachant aux choses du quotidien telles que la perte des cheveux et la perruque qui glisse, mais tout ça avec une maîtrise d’écriture. Un livre jeunesse que l’on ne peut que conseiller aux familles démunies devant l’annonce de la maladie.

11 septembre 2018

Tu t’appelais Maria Schneider- Vanessa Schneider

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Grasset, août 2018, 250 pages 

 

     Vanessa Schneider est la cousine de Maria Schneider. À travers cet ouvrage elle rend hommage à sa cousine, partie trop tôt d’un cancer. Elle lève le voile sur une actrice qualifiée de sulfureuse malgré elle par la presse suite à sa prestation dans le Dernier Tango à Paris aux côtés de Marlon Brando. Mais ce que tout le monde ignore c’est son viol durant le tournage. De là, c’est la descente aux enfers. « Tu sembles ne pas savoir qui tu es. Tu n’as pas de papa. Ta maman t’aime mal, tu as la mine inquiète des enfants qui pressentent que le chemin de la vie sera pavé de pierres coupantes. »

 

Tu t'appelais Maria Schneider

      Vanessa Schneider nous dresse un portrait de femme meurtrie par la vie avec une distance respectueuse. L'écriture est délicate, posée, nous positionnant au plus proche de l'actrice. Le récit est construit en de courts chapitres, alternant "Tu" Maria et "Je" Vanessa, reflétant ainsi leur histoire commune. Car oui Vanessa Schneider veut rétablir la vérité et rendre justice à celle pour qui le mouvement #MeToo serait porteur de bonne conscience. "Avec sa bouille d'éternelle femme-enfant et son caractère de peti chat sauvage, elle a conquis le monde avec la fulgurance d'une météorite enflammée qui pulvérisa tout sur son passage!"

 

 

 

09 septembre 2018

Oublier mon père- Manu Causse

Denoël, août 2018, 297 pages

 

     Oublier le père. C’est ça le fil rouge de ce roman. Alexandre est enfant lorsque son père disparaît prématurément. Il se retrouve avec sa mère, seul et sans défense. Elle, je la qualifierais de démon et elle fait de la vie de son fils un véritable cauchemar. « -Pas la peine de chialotter, je ne t’ai pas fait mal, m’assure ma mère chaque fois qu’elle me gifle. » Ce gosse doit se construire avec une fondation bien mal en point. « Suis-je capable de vivre seul ? Suis-je capable, en fait, d’exister, moi, Alexandre Alary, fils d’un père absent et d’une mère folle ? » En grandissant, Alexandre rencontrera trois femmes. Trois relations inconcevables pour lui, le malade. Un jour, une certaine Johanna le contacte, elle a bien connu son père. Mais va-t-il encore une fois tout faire capoter ? Cet appel bouscule sa vie.

 

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     Manu Causse a bâti son roman sur l’identité, celle que l’on se forge dès l’enfance avec les bases  branlantes ou pas, que l’on nous donne. C’est un texte bouleversant sur l’absence, le manque d’amour maternel, la manipulation, le harcèlement moral et le devenir. Il nous amène à réfléchir sur l’éducation que l’on inculque à nos propres enfants, sur les bienfaits d’une normalité et sur les démonstrations d’amour. Oui, c’est un exercice de lecture difficile mais il nous apprend tellement sur nous-même.

 

 

07 septembre 2018

68 premières fois- Deuxième session 2018

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     C'est parti pour la seconde sélection 2018. Je vous avoue avoir hésité...les 68, le prix Elle, le magazine Bloggers'! Et puis comment résister à cette aventure qui m'a offert tellement de bonheur depuis 2016. Je rempile avec grand plaisir :)

     Petite nouveauté de cette année. La sélection comprend 14 premiers romans et 4 seconds romans. Vous me direz pourquoi des seconds? Tout simplement pour les mettre en lumière dans cette gigantesque rentrée littéraire. Et voyant nos 4 sélectionnés je me suis dit wouhhhh eux, oui oui.

     Je vous laisse jeter un coup d'oeil à ces 14 romans et vous donne rendez-vous dans quelques temps avec mes avis.

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04 septembre 2018

Quand Hitler s’empara du lapin rose- Judith Kerr

Albin Michel, mai 2018, 320 pages

     Ce roman autobiographique est l’histoire de Judith Kerr lors de l’accession au pouvoir d’Hitler.

     Anna et sa famille sont Juifs et vivent à Berlin depuis toujours. Le père est un écrivain réputé mais un article de trop les oblige à fuir leur pays. « -C’est quelque chose d’assez bizarre, comme sensation. Tu vis toute ta vie dans un pays, puis tout à coup il grouille de brigands et tu te retrouves tout seul, et tout nu, sur une terre étrangère… » Parviendront-ils à trouver refuge en pleine montée du nazisme ? La Suisse, la France et l’Angleterre, autant de pays pour autant de nouveaux départs. « -Il y a des Juifs éparpillés dans le monde entier, et les Nazis font courir sur eux des bruits infâmes… »

 

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     Judith Kerr parvient à hauteur d’enfant à aborder le pouvoir d’Hitler sur la population juive, sur l’exil et la survie. Les mots employés sont doux (malgré un thème fort), sensibilisent le jeune lecteur pour comprendre et ne pas oublier ce pan de l’Histoire. N’y cherchez pas des détails sordides, c’est une épopée familiale pleine d’amour et d’humour.