Mes écrits d'un jour

17 octobre 2018

Arthur et les gens très pressés- Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey

 

 

Nathan, octobre 2018, dès 3 ans

     « Presse-toi ! On va être en retard ! Allez ! C’est l’heure ! Vite ! » Tel est le refrain quotidien d’Arthur. Son papa, sa maman, l’animatrice et même son maître ne font que le presser. Mais un jour, Arthur se retrouve seul devant son petit-déjeuner, il va enfin prendre son temps.

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     En lisant cet album à ma fille, je me voyais, moi, lui répétant de se dépêcher. Quel triste reflet de notre société toujours dans le speed ! Un début de lecture rythmé, j’étais aussi pressée de lire que les gens de courir ! Oups ! Et puis, ce moment, ce souffle, ce temps qui ralentit et moi aussi. OK j’ai compris la morale de ce livre : respecter le rythme de nos enfants. De là, une deuxième lecture s’impose et ma fille profite mieux de ces jolies illustrations aux couleurs vives. Je ne pense pas qu’elle ait bien perçu le message mais en tout cas, pour moi, il interroge. Alors, je lui relirai, un jour de repos, au calme et notre réaction à chacune sera bien différente j’en suis sûre.


La grande famille- Galia Bernstein

Nathan, août 2018, dès 3 ans

     Simon est un petit chat persuadé d’appartenir à la famille des félins. Mais pour le lion, le puma, le tigre, la panthère et le guépard ceci est une aberration. Chacun à leur tour, ils tentent d’expliquer pourquoi il n’est pas un félin, sans se douter que Simon leur prouverait le contraire.

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     J’ai partagé la lecture de cet album avec ma fille qui adore les animaux. Évidemment le coup de cœur n’a pas tardé à venir « oh maman t’as vu les gros yeux du lion » « ils rigolent avec leurs grosses dents » «  le chat est tout petit ». Chaque double page, riche de connaissances,  aborde un félin avec ses caractéristiques. Les dessins illustrent bien les réactions, expressions et émotions des animaux, donnant à l’enfant une interaction plus sensible. L’album aborde la différence, l’appartenance à une famille et l’identité. De quoi faire passer un message fort à nos enfants, tout en douceur. Ma fille et moi validons ce magnifique album. Une rencontre sauvage qui attise la curiosité.

 

 

15 octobre 2018

Objet trouvé- Matthias Jambon-Puillet

Éditions Anne Carrière, août 2018, 187 pages

     Comme tout fiancé qui se respecte, Marc fête son enterrement de vie de garçon avec ses amis. Et puis, plus rien, il disparaît, trois ans. Sa fiancée, Nadège, n’a aucune nouvelle et y renonce, refaisant sa vie avec Antoine et Enzo son petit garçon. Un jour, comme par miracle, Marc réapparaît, en compagnie d’une certaine Sabrina aux pratiques quelque peu étranges.

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   Le comportement humain dans toute sa complexité.

     Rien qu’à la lecture de la quatrième de couverture je savais où je m’engouffrais. Ce genre de thème, le sexe alternatif, n’est pas trop ma tasse de thé mais en lisant, je l’ai abordé comme un polar, axé sur la disparition de Marc. Et au fil des pages je me suis surprise à porter de l’intérêt sur ces pratiques peu conventionnelles. Matthias Jambon-Puillet nous immerge dans un monde ‘tabou’ avec une construction de récit en trois points de vue, trois protagonistes qu’il considère comme des objets du quotidien. Il n’a pas peur de parler de sexe, même si cela peut en choquer certains. À vous d’avoir l’esprit ouvert, ce roman est une véritable réussite.

 

 

14 octobre 2018

Interview 'Les lectures d'Antigone'

 

Bandeau Interview

Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux! 

     J'ai ouvert mon premier blog en août 2006, après avoir écumé quelques forums d'écriture sous ce pseudo, choisi un peu en urgence, « Antigone ». J'ai découvert l'Antigone d'Anouilh au lycée, grâce à un professeur excentrique et passionné, qui savait transmettre son amour de la littérature. Je l'aimais beaucoup, et il a influencé mon parcours d'études. La vie fait parfois des clins d'oeil car je porte aujourd'hui son nom de famille, mon nom d'épouse, et bien entendu cet ancien professeur ne le antigonesait pas. Ce pseudo me colle donc à la peau dorénavant et fait partie de moi. Aujourd'hui, je fais un peu office de dinosaure dans le milieu des blogs littéraires, avec quelques autres. Au départ, l'écriture prenait toute la place sur mon espace et mon blog s'appelait d'ailleurs « Les écrits d'Antigone ». Je me souviens des gifs qui clignotaient sur ma page d'accueil, et du groupe restreint que nous formions alors. La plupart des blogueuses qui étaient présentes dans ces premières années sont encore présentes aujourd'hui, je les ai même parfois rencontrées « pour de vrai », et j'en suis ravie. Puis, peu à peu, les billets de lecture ont pris de l'importance, l'interaction avec les autres lecteurs aussi, et mon blog est devenu « Les lectures d'Antigone ». J'ai commencé à bloguer alors que mon deuxième enfant avait seulement un an, il y a donc 12 ans. Il était important pour moi, alors que je passais beaucoup de temps avec mes deux enfants en bas âge à l'époque, de m'ouvrir cette fenêtre là. De plus, l'écriture d'un billet, ou d'un commentaire, pouvait s'interrompre à tout moment, se remettre à plus tard, le temps de changer une couche ou de moucher un nez, je trouvais cela très pratique. Cela fait un an que j'ai déménagé mon blog sous Wordpress, après plusieurs années chez Canalblog, et l'esthétique de ce lieu me plaît, ainsi que ses fonctionnalités, j'y suis bien, et j'espère continuer à bloguer encore longtemps.

Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant? 

     Je lis beaucoup de littérature dite « blanche » mais j'aime aussi fureter du côté des albums BD et des livres pour adolescents (mes enfants ont grandi).

Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.

     On peut reparler de l'Antigone d'Anouilh mais ce serait restrictif. Je crois qu'il y a eu plutôt un « chemin de lecture » passant à l'adolescence de l'île au Trésor de Stevenson, au Comte de Monte Cristo de Dumas, de Faulkner à Dostoievski, s'arrêtant plus tard sur la découverte du Planétarium de Sarraute, tombant sur Duras, puis sur Annie Ernaux. Bref, il y a eu de nombreux papillons dans le ventre, et parfois de la sidération bienheureuse devant tant de talent d'écriture.

Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes. 

     Mon dernier coup de coeur a été pour « Chien-loup » de Serge Joncour, qui vient d'obtenir d'ailleurs le Prix Landerneau en cette rentrée littéraire. Un gros bonheur de lecture, qui donne envie de suspendre le temps et de se déconnecter un peu.tasse

En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture? 

     Je lis essentiellement dans mon lit, bien calée dans mes oreillers, mais rien ne m'empêche de lire à tout moment, et partout ailleurs, dans le bus, dans le train, dans une salle d'attente, en attendant quelqu'un.

Un petit mot pour la fin?

     Merci Héliéna !

 

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12 octobre 2018

Rencontre des 68 premières fois au Mans- 7 octobre 2018

 

      Comme chaque année, les 68 premières fois reçoivent quelques auteurs lors d’une rencontre sur le salon de la 25ème heure du livre au Mans. Des auteurs de premiers et seconds romans étaient présents. L’occasion pour eux d’échanger sur leurs parcours, leurs envies, leurs doutes et leurs projets d’écriture.

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     Amélie Cordonnier-Trancher (Flammarion) a commencé à écrire son roman à la 3ème personne du singulier « elle » mais très vite est passé au « tu », pour rentrer dans l’intériorité de cette femme qui se bat, elle entendait la voix résonner en elle.

     Bertille Dutheil- Le fou de Hind (Belfond) a choisi d’aborder l’immigration sans jamais en faire un acte militant. Un roman utopique, sous forme de conte.

     Guillaume Para- Ta vie ou la mienne (Anne Carrière) a voulu raconter l’univers carcéral, un thème qu’il a auparavant traité en tant que journaliste. Des amis à lui ont été incarcérés à Fleury-Mérogis, rien n’est inventé. Son second roman est achevé.

     Gabrielle Tuloup- La nuit introuvable (Philippe Rey) a traité la question de la mémoire avec une plume la plus poétique possible. Un sujet qui passe à travers les âges. Elle pratique le slam depuis quelques années, il a fallu le gommer pour écrire ce roman sans jamais le renier. Son deuxième roman est fini.

     Julie Estève- Simple (Stock) a écrit ce second roman sans contrainte, en huit mois. Il reflète la violence du monde du côté de la solitude. Paradoxe fond/forme. Fond avec la cruauté et forme avec la langue utilisée. Une langue inventée, pleine de liberté.

     Jérôme Chantreau- Les enfants de ma mère (Les escales) a choisi de faire revivre le Paris des années 80, les pavés mouillés, les affrontements de bandes, la musique, le Paris sauvage. Son deuxième roman est plus autographique que le premier, plus proche de lui. 

     Par la suite, nous avons partagé un déjeuner à la brasserie des Jacobins. Et quel régal que de manger en face de Julie Estève avec qui nous avons papoté de son roman mais aussi de bébé, de voiture hybride, d’aspirine et de balades. C’est 43659354_721089538245493_2095578001860198400_naussi ça la magie des 68 :)

 

      Un grand merci à Charlotte, Nicole, Églantine et Sabine pour l’organisation de cette journée.

 


Rivière tremblante- Andrée A.Michaud

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Payot Rivages, août 2018, 363 pages

     Le 7 août 1979, Michael Saint-Pierre, 12 ans, disparaît dans les bois de Rivière-aux-Trembles après avoir répété d’étranges mots à son amie Marnie Duchamp. « Mauvais temps, madame, mauvais temps. » Volatilisé dans la forêt, seule sa basket est retrouvée par les enquêteurs. Trente ans plus tard, la petite Billie Richard est portée disparue, personne ne l’a aperçue après l’école. Ces deux disparitions sont-elles reliées ? En tout cas, Marnie et Bille, le père de Billie, sont amenés malgré eux à faire face à un autre drame dans ce village autrefois fui.

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     Ce roman policier au suspense psychologique m’en a fait manger des carrés de chocolat ! 363 pages sur fond de conte, en présence d’une forêt ensorcelante, occupant un rôle à part entière dans le récit. Et ces disparitions d’enfants. Il fallait oser l’écrire sans craindre de heurter le lecteur, provoquant sa fuite. J’ai tiqué, à certains passages, l’inimaginable, l’impensable, en tant que mère cela est dur à lire. Les mots d’Andrée A.Michaud m’ont portée jusqu’au bout et je ne le regrette pas. Elle rend en quelque sorte hommage à ces familles de disparus ne parvenant jamais à faire leur deuil, rongés par la culpabilité et l’espoir encore et toujours.

      À bien y réfléchir je n’ai pas lu un polar, plutôt un roman sur les drames et les chagrins auxquels font face certains parents. « Les hommes et les femmes qui perdent un enfant n’ont d’autre choix que de croire au paradis, sinon ils sont forcés de croire à l’enfer et d’imaginer les flammes dévorantes où se sont élevés les hurlements de leur petit. »

 

 

09 octobre 2018

La vraie vie- Adeline Dieudonné

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

L’Iconoclaste, août 2018, 266 pages

     La vie d’une enfant de 10 ans et de son frère est bercée par le passage du glacier dans leur rue, petit rituel de ce duo fusionnel, symbole d’innocence. Ils vivent avec leurs parents dans un banal lotissement, quoi de plus normal ? Quatre chambres ? Une, bien particulière, héberge des cadavres. Le père est chasseur de gros gibiers et aime exposer ses trophées. La narratrice fait de son mieux pour protéger son frère de ce père violent mais un accident brise le lien de ces enfants et leurs existences si tranquilles se détériorent de jour en jour. « Je savais que je réussirais à changer le passé un jour. Mais ça prendrait du temps et, en attendant, la vie de mon petit frère allait être une longue autoroute monotone jonchée de carcasses d’animaux. »

 

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     La vraie vie est un roman qui vous scotche au canapé dès la première ligne. Le ton est donné, le décor est planté. Et là, vous ne pouvez plus le reposer. L’ambiance sombre vous oppresse, faisant défiler les années à vitesse grand V et vos émotions par les montagnes russes. Une maîtrise d’écriture impressionnante nous plongeant dans les méandres de cette famille. Un premier roman puissant sur les violences conjugales, les chocs émotionnels des enfants, la construction de soi et le devenir.

     La vraie vie, c’est un texte coup de poing. De celui qui fait du bien et dont on en redemande encore et encore.

 

 

08 octobre 2018

Rencontre avec Olivia de Lamberterie- 5 octobre 2018 Librairie Doucet

 

     Olivia de Lamberterie est née le 15 juin 1966.  Elle est rédactrice en chef adjointe du magazine féminin Elle dont elle est responsable de la rubrique littéraire depuis 2012. En grande passionnée de littérature elle intervient également sur France Inter dans Le masque et la Plume et sur France 2 dans Télématin. Ce vendredi soir, elle était l’invitée de la Librairie Doucet afin de présenter son premier récit paru aux éditions Stock Avec toutes mes sympathies.

 

« Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire. Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.
Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »

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     Olivia de Lamberterie a ressenti comme un besoin d’écrire sur son frère, Alexandre, sur son suicide, pour le garder présent avec elle, en littérature. Un an avant sa disparition, son frère lui avait demandé d’écrire sur eux, sur la famille, sur leur vie, elle s’exécuta mais un voyage en avion lui fit perdre ses notes. Au décès de son frère elle se lance dans ce texte, lorsqu’un jour elle visite le profil Facebook de celui-ci et découvre un message non lu « le livre ». De là tout s’enclenche.

     Avec la complicité de sa belle-sœur, elle pose des mots sur papier, cela devient un travail lui permettant de garder une distance avec la douleur de la perte. À la première lecture du récit sa belle-sœur lui dit « je pleure et pleure et me roule dedans » expression canadienne, validant ainsi l’envoi à un éditeur. Olivia de Lamberterie contacte l’éditeur des éditions Stock, le livre est très vite publié mais elle se sent incapable de gérer cela, veut que tout s’arrête, que le livre ne soit pas entre les mains du public mais la machine est en route et finalement Olivia de Lamberterie prend beaucoup de plaisir à sillonner la France pour présenter son livre et surtout son frère. Elle est parvenue à en faire un objet littéraire.

     Quelques romans ont guidé Olivia de Lamberterie dans son écriture, 43581304_695826414127844_145838603832918016_nelle nous livre sa petite liste de favoris en expliquant pourquoi.

--> Bonjour tristesse de Françoise Sagan : une langue somptueuse, l’art de parler de choses graves et tragiques de manière très primesautière.

--> Sauve qui peut la vie de Nicole Lapierre : de mère en fille chacune se suicide, une page du livre signifie qu’il ne faut pas percer le mystère.

--> Ça aussi, ça passera de Milena Busquets : petit clin d’œil sur le lieu de vacances préféré de la famille et comment être heureux après un deuil.

--> La douleur porte un costume de plume de Max Porter : le rapport aux oiseaux.

--> La nuit pour adresse de Maud Simonnot : le portrait idéal de son frère.

 

     Olivia de Lamberterie cherche encore les origines du suicide de son frère. Son état d’esprit, la dépression ou bien la piste scientifique. En effet, dans sa famille, les suicides se succèdent. À ce jour, elle suspend ses investigations sur la génétique.

     Pour conclure cette rencontre, Olivia de Lamberterie nous livre être sur l’écriture d’un deuxième livre. Un besoin, tout de suite, maintenant, de se mettre à distance.

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Ici les femmes ne rêvent pas- Rana Ahmad

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Globe, octobre 2018, 297 pages

     Rana Ahmad se raconte dans ce récit. Enfant de dix ans, elle jouit de son insouciance, heureuse parmi les siens. Mais c’est sans compter que quinze jours plus tard on lui confisquera son vélo et s’en suivront des obligations, des contraintes… la fin d’une liberté. Ce monde que Rana idéalisait s’effondre. « Tout sera différent, je le sens. Ma vie me donnera la même impression que celle que j’éprouve en respirant à travers la couche de tissu noir devant mon nez : moins légère, moins libre. » En Arabie saoudite les femmes sont soumises, abusées et très peu osent s’opposer à cette doctrine. « La répression la plus puissante est celle qui naît dans notre propre tête. » Un jour, un déclic, elle décide de se battre pour sa liberté, quel qu’en soit le prix à payer.

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     Tout au long du récit, j’ai lu et relu des faits que je connaissais déjà (hélas !). Certes, la condition des femmes est horrifiante dans certains pays du Moyen-Orient. Celles-ci sont abusées sexuellement et violentées dès leur plus jeune âge, coupées du monde. Je ne dis pas cautionner ces faits bien au contraire c’est à vomir. Mais je m’attendais à une lecture plus agressive, plus imposante. Le style d’écriture est basique. L’auteure fait son job, balancer une réalité bien malheureuse sur papier pour sensibiliser encore et encore ! Je note tout de même cette force et ce courage assez impressionnants. Fuir son pays et se battre pour les droits des hommes et des femmes. En clair, une lecture en demi-teinte.

05 octobre 2018

Avec toutes mes sympathies- Olivia de Lamberterie

Stock, août 2018, 254 pages

 

     Olivia de Lamberterie, nous la connaissons tous à travers le magazine Elle ainsi qu’avec ses chroniques littéraires à Télématin sur France 2. Mais qu’en est-il de l’auteure ? Elle livre aujourd’hui un premier texte intimiste.

     14 octobre 2015, le frère d’Olivia de Lamberterie, Alexandre, se suicide en se jetant d’un pont à Montréal, son lieu de résidence depuis quelques années. Ce jour-là commence un deuil impossible pour sa sœur qui cherche des réponses face à ce drame. Alexandre souffrait de troubles anxieux généralisés depuis vingt  ans et ne parvenait plus à les affronter, sa seule issue était la mort. « La vie, c’est pas mon truc, a écrit Alex en guise de réponse. »

 

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      Olivia de Lamberterie se dévoile dans ce livre pour se sauver, se libérer, pour tourner la page mais sans jamais oublier. Son frère, elle y tient comme à la prunelle de ses yeux, imaginer sa vie sans lui est insurmontable alors elle a écrit des bribes de souvenirs, des joies, des moments en famille ; comme un cadeau fait à son frère, le premier, l’unique. Peut-être pour prolonger la vie de celui-ci. Olivia de Lamberterie, émouvante et sensible offre la plus belle des déclarations d’amour à son frère. J’imagine comme il n’a pas été simple pour elle de coucher sur papier son intimité et c’est sûrement pour cela que j’ai été parfois mal à l’aise, l’impression de voyeurisme. Mais elle est admirable, parvenir à mettre des mots sur cette mort, la mort de son frère. Un joli témoignage sur l’après, de celui qu’on croit impossible.

 

« Mais pourquoi tu l’aimais tellement ? me demande-t-on parfois. Un frère, c’est les parents sans les incompréhensions et les emmerdements, ce sont ses racines, ce terreau de l’enfance qui nous a fait pousser. Un frère, c’est tout ce qu’on sait et qu’on ne peut pas dire aux autres. Mon frère et moi, nous étions transparents comme du verre blanc. »