Mes écrits d'un jour

03 août 2018

Autoboyographie- Christina Hobbs et Lauren Billings

Hugo et cie, avril 2018, 395 pages

 

     Il y a trois ans de ça Tanner vivait en Californie avec ses parents et assumait pleinement sa bisexualité mais aujourd’hui il se cache dans un placard. Pourquoi ? Dorénavant il vit dans l’Utah, là où la population est à 95% mormone. Il se veut donc très discret au milieu de cette communauté peu tolérante. Mais c’est sans compter sur cette rencontre lors du séminaire de Provo high, celle qui fait vibrer son petit cœur d’homo : Sébastian. Ce jeune homme, fils de l’évêque, et gagnant de ce séminaire l’année précédente chamboule cette vie qu’il fallait à tout prix cacher. « Vous voyez, ces moments tellement surréalistes que tu te demandes si tu es vraiment là ? Quand ce n’est pas une hyperbole, mais que, pendant une fraction de seconde, tu as l’impression de ne plus être dans ton corps ? C’est ce qui est en train de m’arriver. J’ai le vertige d’être ici avec lui. »

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     Comment ne pas être charmé par un livre autant ouvert à la tolérance. Aborder l’homosexualité et la bisexualité est toujours un exercice d’équilibriste en jeunesse. Les deux auteures traitent le sujet en profondeur sans vulgarité ni tabou, avec infiniment de respect envers les croyances de chacun. On comprend le chemin parcouru par nos personnages, les épreuves qu’ils subissent jusqu’à l’acceptation et franchement je les admire singulièrement. Autoboyographie c’est un hymne à l’amour, à la vie. Une romance indispensable pour triompher des différences.

 


01 août 2018

68 premières fois: Bilan de la première sélection de 2018

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     Cette année encore, j'ai participé aux 68 premières fois, une aventure littéraire faisant voyager les premiers romans à travers la France (et plus encore!). J'ai tout d'abord lu les romans autobiographiques (un pur hasard), Éparse, Les rêveurs, genre que je lis très rarement donc mon élan pour cette sélection a eu quelques difficultés à prendre son envol. Et puis, est venu Seuls les enfants savent aimer, gros coup de coeur, la magie opère et me voilà motivée à 200%, tout s'est enchaîné. Une sélection assez variée, nous plongeant dans la prison de Fleury Merogis, traversant les neiges du Grand Nord, jouant avec les amitiés, divaguant dans les rues de Buenos Aires et j'en passe. Je vous propose un petit classement, à ma façon, que je trouve moins dévalorisant que des notes. N'hésitez à cliquer sur chacun (excepté 3) afin de découvrir ma chronique.

 

 

*Non pas pour moi !

 Celui qui disait non d'Adeline Baldacchino

L'homme de Grand soleil de Jacques Gaubil

Fugitive parce que reine de Violaine Huisman

 

**Bof Bof !

Pays provisoire de Fanny Tonnelier

 

***Wouhh pas mal !

Éparse de Lisa Balavoine

Les rêveurs d'Isabelle Carré

Ta vie ou la mienne de Guillaume Para

Apprendre à lire de Sébastien Ministru

Une mère modèle de Pierre Linhart

Ariane de Myriam Leroy

 

****Attention c’est du lourd !

Les déraisons d'Odile d'Oultremont

La nuit introuvable de Gabrielle Tuloup

L'attrape-souci de Catherine Faye

Une immense sensation de calme de Laurine Roux

Seuls les enfants savent aimer de Cali

 

     Je vous donne RDV en septembre pour la deuxième sélection qui je pense s’annonce grandioooooose. Bel été à vous.

 

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31 juillet 2018

Ariane- Myriam Leroy

Don Quichotte Éditions, janvier 2018, 208 pages

 

     Nous sommes dans les années 90, en Belgique, l’époque où Beverly Hills 90 210 faisait fureur auprès des jeunes (et donc de moi-même !) C’est cette période que la narratrice souhaite nous relater. De son adolescence passée dans une école bourgeoise où elle fait la connaissance d’une certaine Ariane. Rapidement elle fait d’elle sa meilleure amie, son complément, son indispensable, son binôme, sa moitié. « Notre binôme était surnaturel. Nous étions plus que la somme de nos parties, nous étions cette complétude en tous points soudée dont naissaient les rayons lasers et les pouvoirs magiques. »  Mais à 12 ans, elle se métamorphose malgré ou grâce à cette fille, prend son envol, fait l’impensable, provoque, heurte, joue avec le feu jusqu’à y laisser des plumes. « Nous nous aimions en effet, d’un amour qui échappait aux définitions, passionnel, fusionnel, dépouillé d’épanchements charnels mais pas moins pulsionnel. »

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     Jamais je n’aurai cru me laisser embarquer dans une telle lecture, et pourtant, lu en une soirée, impossible de décrocher. Ce récit est tout et rien à la fois. Le style de l’auteure est cash, presque agressif, de sorte à heurter le lecteur, le choquer et le secouer un peu plus fort. Vous allez me dire que ce n’est qu’une histoire d’amitié mais celle-ci est destructrice, malveillante, torturée, malsaine et lorsque l’on est ado cela peut avoir des conséquences dramatiques. Deux mondes différents se rencontrent, l’une veut trouver sa place et l’autre se sert de ça pour l’hypnotiser telle une mante religieuse. L’auteure fait de ce rapport malsain une relation addictive et nous montre qu’à cet âge tout est manipulation et fragilité.

     Un premier roman à la construction efficace, qui nous donne des frissons dans le dos au fil des pages dont le ton brut n’est que le reflet de l’ado que nous étions.

 

 

13 juillet 2018

Une mère modèle- Pierre Linhart

Éditions Anne Carrière, mars 2018, 228 pages

     Florence mène une vie parfaite. Elle est cheffe de chant épanouie à l’Opéra de Paris, mère comblée et femme amoureuse. Oui mais seulement son gosse capricieux l’insupporte de plus en plus et son mari vit la moitié du temps à New-York. Ce bonheur s’effondre et Florence se sent impuissante. Comme pour relancer la machine, elle s’invente un deuxième fils en Moussa et refuse de s’exiler aux USA. Croyant faire de son mieux, elle provoque son propre naufrage et sombre. Florence se cherche et se demande si la perfection existe.

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       Pierre Linhart écrit au nom d’une femme, sur son propre reflet avec ses interrogations et ses doutes d’existence. C’est le regard du XXIème siècle sur une mère de famille voulant tout réussir à tout prix en s’en oubliant soi-même. L’auteur est parvenu à détourner mon attention de son véritable objectif : la descente aux enfers de Florence. Ma lecture se centrait principalement sur la relation avec Moussa, à aucun moment je n’ai senti la déchéance de Florence arriver. Pierre Linhart est scénariste et cela s’en ressent dans son écriture, il m’a tenue en haleine jusqu’à la chute, l’inévitable. Un roman qui peut être perçu comme dramatique, plombant mais qui acquiert son émancipation à la fin.

 

 

08 juillet 2018

Interview 'Le petit carré jaune'

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Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux!

 

     Ainsi comme cela vous êtes curieux de savoir qui est le petit carré jaune…. Hummm un drôle de blog que ce carré, une drôle d'histoire. D'ailleurs est-ce un blog, est-ce vraiment ce que l'on appelle un carnet intime de mots, un rassemblement de lectures ou ce quelque chose qui tend à l'heure actuelle, une mini revue, un récit… J'en sais trop rien en fait ! Je serais tentée de dire, de te demander plutôt à toi ce qu'il représente, ce qu'il est : un recueil d'émois de lecture, d'émotions, un univers à part entière, une image photographique, un partage avant tout et surtout…. Il est je crois un petit carré jaune, un univers qui n'est que moi et que je vous offre. A vous d'en faire votre monde, votre lieu, un partage.

 

Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant?

 

     Alors là… avec le carré jaune tu es mal partie pour un genre de lecture… Je dirais des genres (romans, BD, récit, lettres à) et en particulier le monde de la poésie (et il est vaste ce monde, bien plus vaste que les récitations apprises à l'école qui nous ont dégouté des vers et autres alexandrins), la littérature suisse et en particulier celle de Romandie (et crois moi des pépites il y en a), les premiers romans en littérature française avec tous ceux qui composent la grande famille des 68 premières fois. C'est un vrai délice, une belle et généreuse idée qu'a eu Charlotte Milandri du blog l'insatiable charlotte. Autour d'elle se sont rajoutées Eglantine, Nicole et puis moi. Faire de ces 68 premières fois ce qu'ils sont devenus et cela grâce à vous les lecteurs et passionnés de découvertes et partages, est un beau cadeau. Merci aussi à vous pour tout cela. Pour en revenir au genre (puis que genre tu demandes), j'aime fouiner, fouiller derrière les piles et les dessus de table. Les têtes de gondole (pas à Venise hein), les romans que tout le monde lit… assez peu pour moi. Je ne critique pas, mais j'aime tellement trouver d'autres lectures, laisser la chance à d'autres textes, sortir de l'ombre ceux dont on ne parle pas ou peu. C'est d'ailleurs un jeu avec mes libraires. A celle qui dénichera une pépite avant l'autre… Je gagne souvent, il faut bien l'avouer. Hihihi ! Mais c'est un réel bonheur de pouvoir partager avec des libraires. (et il faut continuer à aller en librairie, à parler avec eux, à les écouter et se dire… "ouh elle a encore gagné !") Il y a aussi les partages de textes, de récits ou images, nouvelles que j'organise chaque été auprès d'auteurs, photographes, amis qui m'ont particulièrement touchée dans l'année. Je leur laisse les clés du petit carré jaune. Charge à eux de faire ce qu'il souhaite, totale liberté, et de partager les mots, les dessins (oui certains dessinent et là c'est franchement le pied ou la diligence pour certaines), les histoires, les photographies. Certains restent dans leur zone de confort, d'autres me surprennent et osent. Dans tous les cas c'est toujours un délice, un immense bonheur de pouvoir leur donner, donner cette possibilité, de poursuivre leur écriture, leur passion et de les partager avec vous. Et puis il y a un projet auquel je suis en train de réfléchir, quelque chose qui me tient à cœur et dont je ne sais pas encore quelle forme lui donner et si je lui donnerai naissance. Mais il traine dans ma tête depuis un bout de temps et je crois qu'un jour il faut accepter de laisser une chance aux envies et rêves.

 

Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.

     Il y a tant, tant de romans ou autres qui ont provoqué ces papillons. Peut être ceux de Gaëlle Josse qui a été une de mes premières rencontres en "vrai", l'intimidation avec. Puis Erwan Lahrer et son écriture, Sigolène Vinson (elle sait pourquoi), Jeanne Benameur, Loïc Demey ou encore Laetitia Cuvelier, Frédérique Germanaud, Annie Ernaux, Bobin, certaines maisons d'éditions, ou encore Chabouté en BD, Zidrou ou Lupano (si je dois faire une liste je suis mal barrée...) En fait je crois que les recueils, romans qui m'ont le plus papillonné dans le ventre, ceux qui m'ont bouleversé au point d'avoir envie de me saisir d'une plume, moi qui n'ai absolument pas envie d'écrire, est, et reste "Désordre lettre à un père", d'Elsa Montensi et tous les romans de Mélanie Richoz (gros boum-boum, marque de fabrique carré jaune), une écrivaine suisse romande qui manie la plume comme on manie la langue, les sons, la poésie. J'ai un vrai coup de cœur pour elle… Et elle le sait la bougresse (d'ailleurs je vous conseille son prochain roman qui sortira le 20 aout… "le bus" éditions Slatkine, une petite bombe. Là les papillons ont papillonné de partout.) Je pourrais te dresser une liste mais pour cela il me faudrait des heures et des heures car j'y ajouterai aussi ceux qui me sont proches par leurs arts et leurs passions photographique ou poétique et automatiquement je te parlerai de Nathalie Magrez et ses mondes sensibles, sa poésie imagée et chamanique, sa dentelle photographique, des recueils de Vincent Delerm (cadeau de celle qui est devenue une amie qui m'a émue et vraiment touchée), des éditions Cheyne ou Esperluettes...

 

Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.

     Dernier dernier….. ahah !!! Alors j'aimerai te parler d'une très belle BD "l'obsolescence programmée" de Zidrou et De Jongh. En roman, celui de Nicole Malinconi "Un grand amour" (et là je me demande pourquoi personne ne parle de ce roman si fort et si percutant, ciselé), un 1er roman que m'ont fait découvrir les 68 premières fois, "homme qui disait non" d'Adeline Baldacchino, une sacrée écriture, un uppercut, "Une longue impatience" de Gaelle Josse. En poésie, Thierry Metz et son "journal d'un manœuvre" ou encore "l'homme qui penche". Un poète incroyable, d'une simplicité de mots et d'une très grande sensibilité. Il faut le découvrir absolument, doucement. Et puis deux romans qui vont sortir en aout prochain, deux coups de cœur pour cette rentrée : "Le bus" de Mélanie Richoz donc, et celui de Nathalie Yot, "le Nord du monde" (éditions La Contre Allée). Retenez les bien… ils sont incroyables par leur histoire et leur écriture, la force, la douceur, la tendresse et la poésie dégagée. Deux vraies pépites comme je les aime.

 

En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?

     Aucun… partout ! (les jambes en l'air pas essayé mais bon pourquoi pas… je me remets au yoga illico)

 

Un petit mot pour la fin?

      Je ne sais pas ce que deviendra le blog, si il continuera sous cette forme ou prendra un autre chemin. Ce que je sais, c'est que grâce à lui, j'ai rencontré de magnifiques personnes, de merveilleuses amies, des mots, des récits, des histoires, des photographies, des auteurs qui m'ont permis de découvrir d'autres facettes, de m'ouvrir à d'autres mondes et univers, de partir à la rencontre de 1er romans, de littérature suisse, de tenter toujours et encore, de ne pas m'endormir, me confiner à ce que je connais ou aime, à ouvrir d'autres portes, partager toujours et simplement sans chercher à me mettre en lumière. Le blog n'est pas mon sésame ou ma tanière, mais il m'a donné cela… la possibilité de découvrir, rencontrer, partager, donner. Il m'a donné le droit de vous offrir et de vous faire partager ceux que j'aime.

 


05 juillet 2018

L’étrange et drolatique voyage de ma mère en Amnésie- Michel Mompontet

JC Lattès, avril 2018, 445 pages

 

     Je me rends compte depuis quelque temps que les lectures tournant autour de mon métier de soignante me touchaient beaucoup, peut-être trop. Vous allez me dire que c’est normal, après tout, mon quotidien en long séjour est un ascenseur émotionnel. Mais voilà, je m’étais toujours dit que la littérature était ma bulle, ma soupape, mon échappatoire mais je m’aperçois que j’ai mon métier dans les tripes alors cela s’en ressent dans mes lectures, logique. Donc en voici une magnifique, pour mon plus grand bonheur.

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     Cet appel glaçant d’hiver c’est celui de Geneviève à son fils, Michel « - Je crois que je suis très fatiguée, très… »  Michel ne tarde pas à comprendre que sa mère a un souci et 727 kilomètres plus tard le voilà auprès d’elle, au Pays Basque. Il reconnaît à peine celle qui pour lui représente la force à l’état pur. « Où est ma maman d’avant ? » Il a compris ! Geneviève a la caboche qui déraille. Et comme pour lutter contre la perte inévitable des souvenirs, il décide d’en ralentir le processus en consignant chaque jour, durant un an les derniers instants passés avec elle. Un lien unique se tisse entre ces deux êtres, sera-t-il assez puissant pour vaincre l’oubli ? « C’est plus qu’une course contre la montre que nous avons entamée ensemble, c’est une course contre le Temps, ce monstre anthropophage qui dévore et déchire, cet ennemi qui efface et balaye. »

 

     Michel Mompontet nous confie son journal intime en dressant le portrait d’une femme pour qui son amour est sans faille. Il n’est pas simple de faire face à la maladie d’Alzheimer, chacun réagit à sa façon face aux souvenirs qui s’envolent, face à la personnalité qui nous échappe, face à l’inconnu et le vide. Ce n’est pas un récit triste et accablant, détrompez-vous. C’est une histoire d’amour unique, épanouie, pleine de poésie et bourrée d’humour. Car oui, Michel Mompontet déborde d’astuces pour que cet ennemi n’envahisse pas trop vite la tête de sa mère. Seul mot d’ordre : jouir de chaque moment en sa présence.

     Ce voyage en Amnésie sensibilise sur la démence, la maladie d’Alzheimer et le rôle de l’aidant, si indispensable pour traverser cette forêt noire. Quoi de mieux qu’un livre pour offrir la plus belle des déclarations d’amour à sa mère. « Un livre de son passage. Un livre sur notre rencontre. Un livre qu’elle ne lira pas, bien sûr, mais à quoi bon, puisque c’est elle qui l’aura écrit. Un livre, maman. »

 

01 juillet 2018

Interview 'Edyta et sa bibliothèque'

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Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux !

     J'ai créé ce blog Edyta et sa bibliothèque en 2015 pour garder une trace de mes lectures franco-polonaises mais aussi pour partager mes coups de cœur et faire découvrir la littérature polonaise aux lecteurs français. Sa particularité? Il est bilingue franco-polonais tout comme moi: polonaise d'origine mais parisienne d'adoption depuis bientôt vingt ans j'aime bien échanger dans ces deux langues qui me sont chères.

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Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant?

     Romans contemporains et historiques, de temps en temps des polars. J'essaie d'alterner mes lectures en polonais et en français.

 

Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.

     Sans aucun doute le moment où sans m'y attendre j'ai trouvé dans un livre la relation de mon premier voyage en France qui déciderait de mon avenir. Je m'explique: mon oncle est un photographe assez connu en Pologne et avec deux amis il a écrit un livre sur les habitants de la ville où nous sommes nés tous les deux. Il a entre autre rencontré mon professeur de français (aujourd'hui décédé) qui se souvenait très bien de moi, il a été même interprète officiel à mon mariage. Mon oncle lui a raconté mon premier jour en France et lui a donné de mes nouvelles. Il ne m'a pas avertie de ce paragraphe me concernant et la découverte de ces quelques lignes a été pour moi une véritable surprise et un moment très émouvant.

 

Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.

     Les Lisières d'Olivier Adam, un de mes auteurs préférés, Et soudain, la liberté d'Evelyne Pisier et de Caroline Laurent mais aussi Dans la forêt de Jean Hegland ou Station Eleven d'Emily St John Mandel.

 

En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?

     Faute d'avoir un jardin où je lirais confortablement installée dans un transat, le plus souvent je lis dans mon lit ou mon canapé, parfois dans les transports.

 

Un petit mot pour la fin?

     Merci à Héliéna de m'avoir proposé ce petit questionnaire. Au début j'étais un peu réticente de parler de moi mais finalement je me suis bien prêtée au jeu.

 

 

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27 juin 2018

Avec elle, vous êtes tranquilles – Violaine Ascarel

Éditions du Panthéon, parution février 2018, 84 pages

 

     Violaine raconte son combat. Celui qu’elle mène face à la nourrice de ses enfants. Une femme manipulatrice qui n’hésite pas à déstabiliser Violaine, la laissant jusqu’à douter de son propre rôle de mère. « Je ne voyais pas que c’était un acte de soumission. Que je contribuais activement à l’installation d’un rapport de force qui n’allait pas pencher en ma faveur. » La relation entre elles est malsaine et le bien-être des enfants est mis à rude épreuve.

 

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     Violaine Ascarel nous livre un témoignage, le sien. En donnant toute sa confiance à sa nourrice, Violaine perd son statut de mère. Elle se laisse manipuler, humilier et même détruire à petit feu allant jusqu’à douter d’elle-même. Comment parvenir à inverser la situation sans que les enfants soient impactés ? « Je n’avais pas été fichue de jouer mon rôle de mère, il fallait que, d’une certaine façon, je trouve un moyen de me racheter, de me réhabiliter à mes propres yeux. Car c’est à moi que j’en voulais le plus. » Violaine va contrer cette femme perverse et retrouver sa place. Dans ce récit simple, court, l’auteure parvient à nous sensibiliser sur la relation employé/employeur où chacun doit apprendre à rester à sa place. Elle met aussi le doigt sur le manque de confiance qu’une mère peut éprouver vis-à-vis de ses enfants, des questions qu’elle se pose pour leurs bonheurs. Et oui, les mères ne sont pas parfaites, et heureusement. Violaine Ascarel traite d’un sujet grave, pouvant arriver à chacun de nous mais auquel il faut faire face et qu’il ne faut pas subir.

 

 

23 juin 2018

Le chant des marées- Watson Charles

Éditions Unicité, mai 2018, 88 pages

 

     Watson Charles  prend pour thème la mer dans son dernier ouvrage. Cette mer des Caraïbes qui entoure son pays, Haïti. « La mer, omniprésente en Haïti, est vraiment ce miroir de l’âme que le poète ne cesse d’interroger pour faire sens de sa présence au monde. » Même s’il ne vit pas là-bas, Watson Charles accorde beaucoup d’importance à son île et dans ses poèmes lui rend un bel hommage. « Je t’écris pour te dire que mon cœur est une rivière qui coule à ta rencontre. Et que chaque goutte est un hymne à la terre, que chaque cri te dit la levée du jour. Je t’écris comme ce vent qui passe et qui 35922948_10216686534661737_2527613091491872768_nm’emmène vers toi, pour te dire que mon cœur est à la dérive des continents. » C’est doux, lent, intime et poignant. L’auteur nous replonge dans l’horreur de cette vague de janvier 2010 emportant tout sur son passage. « Je ne crois qu’à tes yeux/ Même si les nuits me viennent/ Par avalanche dans l’eau pure/ Ou dans ce deuil aérien/ Tu comprendras que cette terre/ Est un amer linceul/ Que je porte parmi tant d’autres / Tel un tabou d’un siècle ancien. » Il pleure à jamais les disparus, les morts et fait de la mer un mystère. Il se demande quelle est son rôle, sa place et cela en devient une obsession, tournant en boucle dans ces pages. Jusqu’à la chute, l’arrêt, l’abandon, l’absolution de l’auteur.

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21 juin 2018

La petite fille sur la banquise- Adélaïde Bon

Grasset, mars 2018, 252 pages

     La petite Adélaïde a été violée à l’âge de 9 ans. Ce jour-là fera d’elle une enfant échouée sur la banquise luttant contre les méduses. « Elle souffre de son isolement forcé et de son manque de sincérité en famille, mais elle ne sait pas franchir l’océan des larmes contenues. » Une atroce souffrance qu’elle traînera jusqu’à cet appel, 23 ans plus tard, la brigade des mineurs aurait un suspect. « La vie n’abandonne jamais, au tréfonds des océans, dans les ténèbres, elle luit. »

 

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     Ce témoignage est à mes yeux et à mon cœur impossible à chroniquer. Comment imaginer, ressentir, lire l’insoutenable. Adélaïde Bon est une femme courageuse, se livrer sur un sujet si douloureux est remarquable. Elle le fait de façon humaine, intimiste et surtout militante. Adélaïde Bon déterre l’impensable, celui planqué au plus profond des victimes, celui qui fait mal et brise à jamais. Elle incite les personnes abusées à parler afin de rendre justice et les aider ainsi à se reconstruire.

     J’ai un GRAND respect et une GRANDE admiration pour cette GRANDE auteure qui torpille le tabou du viol.