Mes écrits d'un jour

18 mars 2019

Les âmes englouties- Susanne Jansson

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Presses de la cité, février 2019, 312 pages

 

     Nathalie retourne dans sa région natale de Suède afin de travailler sa thèse en biologie. La voilà confrontée à un passé qu’elle avait pourtant fui à l’âge de 12 ans. La tourbière, où elle fait ses prélèvements, se révèle bien plus mystérieuse que prévu et un assassin se cache parmi eux.

 

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     La quatrième de couverture me vendait un thriller atmosphérique. Eh bien, il m’aura fallu plus de 200 pages pour entrer dans ce polar et encore, je l’ai terminé en diagonale. Le récit n’est pas assez rythmé, les personnages survolés, il m’en fallait plus pour que la tourbière me saisisse. Cette atmosphère de légende et de surnaturel n’est pas ma tasse de thé. C’est un premier roman, je ne lui jette pas la pierre. La lecture n’a pas été désagréable mais hélas il ne m’en reste pas grand-chose.


Maîtres et esclaves- Paul Greveillac

 

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Gallimard, octobre 2018, 457 pages

 

     Kewei, fils de paysan au pied de l’Himalaya passe ses journées à peindre. Repéré par un garde rouge, il part étudier aux Beaux-Arts de Pékin. Kewei devient ainsi le peintre du Parti pendant la Révolution.

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     Je ne maîtrise pas la Chine et son histoire, voilà mon handicap pour apprécier ce roman à sa juste valeur. J’ai tenté de m’y intéresser, en vain, abandon. Cette fresque historique au style sophistiqué se présente plutôt comme un document sur la Révolution chinoise, sujet peu attirant me concernant. Il trouvera son lectorat, c’est sûr. Celui dont l’intérêt se porte sur ce pays.

 

 

15 mars 2019

Les étrangers- Éric Pessan et Olivier de Solminihac

 

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L’école des loisirs, janvier 2019, 125 pages

Première lecture commune sur mon blog. Je ne voyais personne d'autre que mon amie Amélie pour la faire avec moi. Comment l'avons-nous choisi? Tout simplement lors d'une rencontre croisée des deux auteurs à la Médiathèque Louis-Aragon du Mans le mois dernier. Le roman étant sélectionné pour le Prix des lecteurs de la Ville du Mans et de la Sarthe. Voilà donc notre retour :)

 

Mon avis

     Un soir, en rentrant du collège, Basile ne suivant pas son chemin habituel, se retrouve dans une gare désaffectée. Se posant, seul, ne sachant quoi attendre. Gaëtan, qu’il a connu à l’école primaire, l’aborde et lui propose à manger jusqu’à l’arrivée de quatre jeunes migrants. Basile leur vient en aide mais les passeurs en ont décidé autrement et l’un d’eux disparaît.

     Les étrangers est un roman écrit à quatre mains. Éric Pessan et Olivier de Solminihac collaborent pour un texte au sujet sensible : les migrants. À tour de rôle ils ont construit leurs histoires.

     Je ne sais pas trop quoi penser de ma lecture. Ce sujet me plaisait beaucoup, il était porteur de message symbolique pour nos ados. Mais pour moi il n’a pas été traité à hauteur d’ado. Tout va vite, trop vite. À tel point que je me retrouvais avec des infos sans en connaître la source. Ce sujet aurait mérité d’être abordé plus en profondeur, quitte à y rajouter quelques pages. Pour comprendre que l’humanité se disloque et que chacun est maître de son courage.

 

 L'avis d'Amélie

     « J'ai l'impression que l'on vit tous dans des mondes parallèles. On croit que les autres partagent notre réalité alors qu'ils sont à des années-lumière de nous. Des adolescents de mon âge traversent un quart de la planète pour échapper à la guerre, d'autres sont contraints d'être les pères de leurs pères. Et mon père, je pense, dans quel monde parallèle au nôtre a-t-il trouvé refuge maintenant qu'il fuit de plus en plus souvent ? »

     C’est sans doute cette nuit-là que Basile a grandi, peut-être même quitté l’enfance. Parce que du mensonge d’enfant qui lui a fait dire à sa mère qu’il passait la nuit chez un copain alors qu’il était dehors avec un garçon qu’il n’a pas revu depuis des années, découle une nuit de rencontres avec ce qu’il ne connaissait pas : l’errance, le danger, la violence, la solidarité, aussi.

     Une nuit qui lui aura ouvert les yeux sur le monde qui l’entoure et dans lequel il évolue : le quotidien des jeunes migrants qui sont pourtant tout près de lui, mais dont il n’avait pas conscience ; l’errance d’un jeune garçon qu’il croyait connaître mais qu’il découvre sous un nouveau jour ; son père et sa mère, leurs difficultés d’adultes et la façon dont ils font face…

     Comme Héliéna, je m’attendais à ce que le sujet des migrants soit plus au centre de l’histoire. Ce que je retiens des Étrangers, c’est le chemin de ce jeune garçon qui tend vers une forme de maturité en découvrant à la fois la noirceur du monde et la beauté des rencontres.

 

12 mars 2019

À travers- Tom Haugomat

Thierry Magnier, septembre 2018, 184 pages

Dès 6 anscouv

«  Mars 1956, Mud Bay, Ketchikan, Alaska.

Un enfant vient au monde. »

     De cet évènement, cette naissance va découler la vie d’un homme. À travers des ouvertures, fenêtres, barreaux, loupe, jumelles, télescope, nous le suivons de sa naissance à sa mort.

« Avril 2026, Mud Bay, Ketchikan, Alaska.

Un verre se brise. »

  

     Tom Haugomat utilise un procédé remarquable. À chaque double-page correspond une année de cet homme. À gauche, une scène vue de l’extérieur. À droite, un élément bien précis de cette scène à travers une ouverture. Très peu de texte car les images en disent déjà tellement long, aussi minimalistes soient-elles.

     Un roman graphique et poétique nous faisant voyager à travers la vie. Cette vie d’Homme profitant de ce qu’il a sous les yeux pour devenir un être à part entière. De la couveuse à la maison. De l’insecte à la galaxie. Du petit au grand. De l’enfant à l’homme. Du succinct au majestueux. Un objet littéraire.


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10 mars 2019

La guerre en soi- Laure Naimski

Belfond, février 2019, 136 pages

 

     Elle s’appelle Louise. À 56 ans, elle enterre son fils, se relevant à peine du décès de son mari quelques années auparavant. Louise veut comprendre pourquoi son fils a fugué et disparu de sa vie du jour au lendemain, se livrant corps et âme au sort des migrants.

«  - C’est la guerre et la misère qui m’ont pris Paul. Ce sont ces hommes qui fuient la guerre et la misère qui ont pris mon fils. Ils sont arrivés jusqu’à nous sans que nous puissions les contenir, pareils à une invasion de criquets. »

 

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     Louise est la narratrice. Au fil des pages, elle se livre. Nous parlant d’elle comme l’enfant mal aimée, élevée à la dure et si proche de son frère. L’essentiel de ses confidences se concentre sur son fils, Paul, unique enfant, par choix. Elle aurait tant voulu l’aimer comme sont censées le faire toutes les mères. Mais les évènements lui échappent, la maîtrise est sa faille. C’est à partir de là que le roman me bouleverse. Les mots d’une mère « normale » qui a ses faiblesses comme chacune de nous et heureusement. L’autrice utilise un ton très personnel, il ne pouvait pas en être autrement avec un sujet pareil. La colère, la haine de cette mère sont des moyens de survie. Elle en veut à ces étrangers, ces tueurs. Retrouver le coupable est pour elle son leitmotiv. Comment ne pas la comprendre ? Mais pourquoi condamner si facilement ? L’autrice nous laisse le choix. Le coupable est-il l’autre ? Elle ? À chacun d’établir la vérité, sa vérité. Un roman où l’interprétation est unique, ce qui m’a beaucoup séduite.

 

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05 mars 2019

68 premières fois- Sélection hiver 2019

 

Clap de début pour l'éditon 2019 des '68 premières fois'.

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     Je vous rappelle le principe, lire tous les premiers romans publiés en 2019 et selectionnés par nos bonnes fées: Charlotte https://insatiablecharlotte.wordpress.com/ Églantine et Nicole http://www.motspourmots.fr/ . Chaque bouquin traversera la France en long, en large et en travers parmi des lecteurs passionnés. De jolis billets seront partagés sur les blogs de chacun ainsi que sur les sites communautaires.

 

     Je vous laisse découvrir les romans de la sélection de janvier 2019:

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Écoute-nous- Liz Coley

Pocket, février 2018, 352 pages

 

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L'éditeur

     Angela a treize ans quand elle disparaît d'un camp de vacances. Lorsqu'elle rentre chez ses parents, trois ans ont passé. Trois années dont elle n'a aucun souvenir. Où était-elle tout ce temps ? Que lui est-il arrivé ? Amnésie rétrograde, choc post-traumatique ou trou noir ? Sans la moindre réponse à ces questions, Angela tente de reprendre une vie normale avec l'aide d'une psychologue. Alors qu'elle cherche à retrouver la mémoire, son comportement devient de plus en plus étrange et incontrôlable. La jeune fille l'ignore, mais ce qu'elle a vécu est encore plus terrifiant que tout ce qu'elle peut imaginer...

 

L'avis de Marie

     Ce livre est une vraie découverte pour moi. Habituée à lire du Anna Gavalda, du Musso ou encore du Levy, je découvre le style « thriller psychologique » si je peux dire. 

     J’ai beaucoup aimé cette lecture palpitante, qui m’a apporté des connaissances également. L’auteur arrive à nous faire sentir Angie, on ressent vraiment son désarroi et la solitude que cette jeune fille ressent. On va de surprises en surprises et j’avoue même avoir versé ma petite larme à la fin car ce livre est vraiment dur psychologiquement. Bref, j’ai tout de suite été captivée ! Je vais lire d’autres romans de cette auteure. 

 

 

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03 mars 2019

Les ronces- Cécile Coulon

Le Castor Astral, avril 2018, 163 pages

Prix Apollinaire 2018 et  Prix Révélation poésie de la SGDL 2018

     Cécile Coulon. Mon ami, Philippe, m’en parle depuis… que l’on se connaît ! Pourquoi ai-je tant attendu pour la lire, je n’en sais rien. Pas eu l’occasion, c’est faux. Pas eu l’envie, toujours faux. Il était donc temps pour moi de remédier à cela.

 

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     Dans ce recueil de poèmes, je découvre une autrice sensible à tout ce qui l’entoure. Elle nous propose une balade à travers les souvenirs. Comme si l’on se trouvait dans un chemin, au printemps. Il y a la douceur de l’air chaud sur nos joues mais aussi les haies,  celles qui contiennent des ronces et piquent. Ces ronces, ce sont les choses du quotidien, qui font de nous des êtres humains. Elle les traite avec sincérité et justesse, les rendant aussi réelles que possible pour moi. Cécile Coulon parvient à faire de la poésie avec des actes qui nous semblent anodins. Une poésie d’aujourd’hui, moderne, fraîche, vivante et en symbiose avec le commun des mortels.

 

(Extrait de "Ma vie")

« Ma vie, je t'ai apprise par cœur.

Les années ont passé vite et brutalement.

À maintes reprises je me suis demandé

s'il ne valait pas mieux, pour les autres

et pour moi-même,

que je reste un peu en périphérie de ma propre existence.

Consciencieusement, j'ai retenu

la naïveté peu honteuse

des gestes déplacés.

Je me souviens

du jour, de l'heure

de chaque caresse

qui ne fait que passer. »

[…]

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27 février 2019

Madame, vous allez m’émouvoir- Lucie Tesnière

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

 

Flammarion, octobre 2018, 408 pages

     Juillet 2012, Lucie Tesnière est en séjour chez sa grand-mère lorsqu’elle trouve des lettres envoyées par son arrière-grand-père lors de la guerre 14-18. Sept cent cinquante pages écrites par Paul, médecin militaire. Pour elle, c’est le déclic, il faut publier ces écrits pour le centenaire de la Première Guerre mondiale. Lucie prend un congé sabbatique et s’investit pour recomposer le puzzle de sa famille.

« - Tu sais, Lucie, les morts sont vivants pour autant qu’on s’intéresse à eux. C’est parce que tu vibres en lisant ces lettres, toi, vivante, que ces souvenirs restent vivaces. Sinon, ils seront comme les cadavres dans leurs cercueils : bons pour les vers. »

 

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     Un travail de longue haleine. Quatre années auront permis à Lucie Tesnière de mener à bien ce projet qui lui tenait tant à cœur. Chapeau bas, madame. Les recherches que vous avez menées m’ont permis de découvrir votre étonnante et grande famille pendant plus d’un siècle. À aucun moment vous ne baissez les bras malgré les faits, pas toujours agréables, que vous nous livrez, sans filtre, avec honnêteté et sans jugement. Entre résistance, collaboration, trahison mais aussi amour, amitié, héros, je me suis dit que cela pouvait être aussi ma famille, que sais-je. Vous m’avez émue par votre détermination et votre passion. Un devoir de mémoire hautement réussi.

 

 

25 février 2019

Un baobab pour Lady Lily- Caroline Hurtut et Amandine Dugon

Éditions d’Orbestier- Rêves bleus, octobre 2017, de 6 ans à 99 ans

 53146129_2137048343043553_4861480440189419520_n    Lady Lily, retraitée anglaise, passe son temps à s’occuper de son jardin. Elle veille sur chaque fleur et chaque arbuste comme sur un enfant, les bichonnant à en faire envier ses voisins. Un jour, au hasard et sous bonne garde de son petit cochon rose, elle fait une drôle de découverte, là, au milieu de son jardin, une enveloppe lui est destinée. Le début d’une correspondance peu banale…

Mon avis

     En octobre dernier se tenait le Salon du livre du Mans. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Cyril Armange, éditeur, qui m’a joliment présenté cette Lady Lily. Comment ne pas craquer rien qu’en voyant la couverture. Les traits fins et colorés attirent l’œil et donnent envie de le feuilleter sans attendre.

     Amandine Dugon, illustratrice, nous immerge dans le jardin de Lady Lily avec ses illustrations toutes plus belles les unes que les autres. La prédominance du rose accentue la poésie qui se dégage du personnage au type britannique. Il ne manque plus que l’odeur des fleurs pour être totalement en osmose mais hop une petite bougie allumée et la magie opère.

     Caroline Hurtut nous propose une histoire tout aussi drôle que touchante. Elle a permis une rencontre quasi impossible, loin des clivages et cela fait du bien à lire par les temps qui courent. Le texte se coordonne parfaitement aux planches, l’un ne va pas sans l’autre. L’histoire est courte mais le plus important est posé avec la beauté nécessaire pour nous émouvoir.

     Un baobab pour Lady Lily est une merveille d’album jeunesse. J’ai eu un coup de cœur +++ pour notre Lady Lily et son petit cochon rose, mené de main de maître par un duo autrice-illustratrice remarquable. On y lit de la douceur, on y voit de l’amour et on y sent tout ce que l’humanité nous offre. Un ouvrage que l’on peut partager autour de soi, avec tout le monde. Car oui, l’amour n’a ni limite ni frontière ni barrage, il se glisse là où le vent le mène. 

L’avis d’Elijah (12 ans)

     Le livre est très beau. On pourrait croire que c’est que pour les filles en le voyant mais pas du tout. Il faut le lire pour comprendre alors je ne vous raconte pas tout mais c’est une belle histoire qui fait rêver.

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