Mes écrits d'un jour

16 janvier 2019

Anatomie d’un scandale- Sarah Vaughan

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

 

Préludes, janvier 2019, 439 pages

 

     James Whitehouse est un membre du gouvernement britannique reconnu, travaillant dur et se faisant respecter par sa classe politique. Mais un jour un scandale éclate, il se voit accusé d’un viol. Sophie, sa femme, l’aime plus que tout et tient à protéger sa famille des racontars. À l’inverse, Kate, avocate pénaliste, est bien décidée à le faire condamner. Ce trio infernal joue à un jeu dangereux où la vérité finit toujours par se savoir.

 

anatomie

     Psychologie et politique dans un même seau. Tiens, cela me rappelle un certain mouvement #MeToo. Sarah Vaughan installe l’intrigue progressivement. Alternant le passé, le présent et les protagonistes, elle lève le voile sur les évènements sans jamais trop en dévoiler, c’est ce qui m’a tenue en haleine. À chaque divulgation je me suis dit c’est bon j’ai compris, voilà la fin mais c’est sans compter sur le petit élément qui vient se glisser en douce et qui relance la machine. Et ce final, une belle maîtrise !

logo challenge rl janv 2019


14 janvier 2019

Fritz- Isy Ochoa

Le Rouergue, octobre 2018, 64 pages, à partir de 10 ans

     L’éléphant Fritz est né en Inde en 1870. Il a vécu sa première année auprès des siens, en liberté. Et puis, un jour, ‘Bang’. La troupe est attaquée par les hommes et Fritz est capturé. Il est dompté pour être un animal de cirque en Allemagne puis en Amérique. Fritz témoigne ici de son histoire, son calvaire et sa chute.

 49718047_595576584223745_8329636046031552512_n

« J’ai eu une vie minuscule,

Une deuxième pour survivre,

Une troisième pour le souvenir. »

 

     Isy Ochoa, pour qui la cause animale est essentielle ou très importante, nous raconte la vie de Fritz, cet éléphant devenu célèbre malgré lui. Après de nombreuses recherches et une visite au Musée des Beaux-Arts de Tours (37), où est exposé Fritz, elle décide de lui rendre un magnifique hommage dans cet album jeunesse aux illustrations aquarelles.

     Isy Ochoa écrit et illustre la maltraitance animale en abordant la présence des animaux dans les cirques. N’épargnant pas son lecteur, elle n’hésite pas à notifier les méthodes de domptage utilisant un aiguillon à pointe de fer, les pattes enchaînées à de lourdes chaînes, le transport maritime tueur, les stations assises sous contrainte … Fritz ne fait pas dans la joyeuseté. Il nous sensibilise sur un sujet dramatique, la souffrance animale, et dont de nombreuses associations font leur combat à l’heure actuelle.

     Un album jeunesse puissant, indispensable pour que l’Homme prenne conscience de ses erreurs exercées depuis des siècles sur l’animal. Pour qu’aujourd’hui, les animaux ne soient plus maltraités en captivité.

 

     Vous pouvez vous recueillir auprès de Fritz au Musée des Beaux-Arts de Tours 18 Place François Sicard, 37000 Tours.

49271316_272860873381586_3517708546206597120_n

49368822_2116599808399596_8003171342729871360_n

49723919_754973451537533_2860771149137051648_n

49697065_1066200850219536_7931410904594251776_n

Posté par heliena-gas à 07:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

13 janvier 2019

Lincoln au Bardo- George Saunders

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Fayard, janvier 2019, 393 pages

     Washington, nuit du 25 février 1862. Abraham Lincoln s’échappe de la Maison-Blanche pour se recueillir sur la tombe de son fils, Willie, enterré un peu plus tôt ce même jour. À 12 ans il a été ravagé par la fièvre typhoïde. Lincoln pensait qu’en se rendant au cimetière cette nuit-là il serait seul, mais c’est sans compter sur les spectres. Des voix et des ombres surgissent d’outre-tombe, comme prisonnières entre deux mondes et Willie, petit nouveau, y provoque la cacophonie.

 

lincoln

     Ce roman polyphonique s’annonçait prometteur au vu de la quatrième de couverture. Hélas, je ne suis pas parvenue à entrer dans l’histoire. Les allers/retours entre les personnages sont trop fréquents. D’une ligne à un chapitre, leurs interventions n’ont aucune régularité et sont traités avec rapidité. Peut-être que la mise en page y est pour quelque chose. Plus de cent soixante narrateurs y sont mentionnés, un sacré challenge que l’auteur maîtrise dans l’écriture mais auquel il faut, en tant que lecteur, s’accrocher.

11 janvier 2019

Pirate N°7- Elise Arfi

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Éditions Anne Carrière, octobre 2018, 181 pages

 

     En 2011, sept pirates somaliens sabordent un navire de plaisance français. L’homme est assassiné et la femme prise en otage. Fahran est l’un de ces pirates, capturé par la marine espagnole. Il est accusé de piraterie, de meurtre et de prise d’otage. L’avocate Elise Arfi, commise d’office, se charge de sa défense à Paris. Pendant quatre ans elle tente de  maintenir à flot ce jeune homme, mineur au moment des faits et dont la justice ne va faire qu’une bouchée. « Je ne suis pas ici pour défendre, mais pour vous parler d’un être humain, dans ses relations à d’autres êtres humains. Il n’y a que moi qui puisse le faire. Je suis son seul témoin, la seule personne qui le connaisse, la seule personne pour qui sa vie soit importante, pour qui son sort fasse une différence. La seule à lui envoyer de l’argent, la seule à lui rendre visite en prison. Je suis son avocat. »

 pirate

     Pirate N°7 est un huis-clos entre une avocate et son client.  Le crime est horrible, je le conviens, mais j’ai été étonnée d’éprouver de la compassion pour Fahran, ce pirate au destin tragique. Elise Arfi nous ouvre les yeux sur le système judiciaire français. Ce rouleau compresseur qui ne cherche pas le pourquoi du comment, juste capable de provoquer la folie chez l’Homme. Un document engagé qui amène a débattre. Il y a ceux qui ne tenteront pas de comprendre le sujet et accuseront encore et toujours les faits jugés. Et puis, il y a ceux qui vont au-delà, qui analysent en profondeur le processus judiciaire expliqué par l’avocate. À chacun de faire sa conclusion mais sachez que l’Homme, peu importe les faits qui lui sont reprochés, reste un humain avant tout et digne d’être traité avec respect. À bon entendeur.

 

10 janvier 2019

Les tribulations d’Arthur Mineur- Andrew Sean Greer

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

 

Actes Sud, janvier 2019, 253 pages

 

     Arthur Mineur est en pleine crise existentielle. Au bord de la cinquantaine il fait le bilan de son demi-siècle. Sur le plan professionnel, il a été couronné de succès avec le prix Pulitzer pour son premier roman. N’ont  suivi que des médiocrités littéraires. Quant à sa vie sentimentale, c’est un joli foutoire. Le voilà, aujourd’hui, fuyant l’invitation au mariage de son ex. Une tournée mondiale de foires, salons et autres rencontres s’offre à lui. Mais avait-il imaginé au fin fond du monde être confronté à ses sentiments ?

 

les tribulations

     C’est un roman nostalgique. Celui où l’heure du bilan a sonné. À 50 ans, est-ce finalement le bon moment ? Dans les nombreux pays qu’il traverse, Arthur Mineur nous attendrit mais toujours avec une pointe d’humour sur un échec, une déception, un manque, une frustration. L’auteur construit son roman en fragments de vie, s’emboîtant avec légèreté et facilité. Le narrateur utilise le refus à l’invitation au mariage comme prétexte pour décharger sa conscience à chaque étape. Un texte sur le passage du temps, sur cet instant mélancolique de confrontation au passé.

 

 

logo challenge rl janv 2019

 

 


18 décembre 2018

Qui décide tous les soirs d’allumer les étoiles ?- Carine Bausière

Ravet-Anceau, novembre 2016, 198 pages

     Camille voit son adolescence basculée le jour où sa mère décède brutalement, les laissant elle, son frère et son père dans un quotidien très flou. La perte de cet être cher est à leurs yeux insurmontable. À 13 ans, Camille est vide. « C’est difficile à expliquer avec mes mots de 13 ans, mais j’ai comme un trou dans la poitrine. Un truc béant, si je me penche, je tombe et je ne remonte plus jamais. » Son meilleur ami, Benjamin, invente tout ce qui est possible pour lui redonner sourire. Alors peu à peu elle se voit rêver de New-York et de ses buildings. Et si cette destination l’aidait à se reconstruire ? Mais avant, Camille doit retrouver une stabilité. « Mais mince, quoi. Perdre sa maman à 13 ans, ça ne se fait pas ! Ça fait trop mal ! »

48366614_525631361257929_1829237059676536832_n

     Le roman de Carine Bausière est centré sur le décès. Un douloureux sujet qu’il est important de bien traiter pour ne pas heurter. L’autrice donne confiance à son héroïne au fil des pages, lui sortant ainsi la tête de l’eau. Différents thèmes sont abordés en plus du deuil : l’adoption, la monoparentalité et l’homosexualité. Vous pouvez vous dire que cela est de trop mais ils offrent un contenu sensible et fin d’une vie d’ado pas toujours simple à affronter. J’ai ri, j’ai pleuré ( à grosses larmes !) de ce quotidien où chacun peut s’identifier sans pour autant avoir vécu les mêmes instants. Un roman plein d’amour.

17 décembre 2018

La Tour- Xavier Armange et Chiara Arsego

Éditions d’Orbestier- Rêves bleus, octobre 2015, dès 6 ans

Mon avis

« Qu’y a-t-il au-dessus du plafond ? Le ciel, d’accord, mais plus haut, encore plus haut, derrière, qu’est-ce qu’il y a ? »

     En voilà une bonne question à laquelle les Hommes tentent de répondre au fil des siècles. Pour le savoir, ils commencent par48052468_573324049804491_6148250735105540096_n empiler des cailloux. Et puis, au fur et à mesure du temps leur modèle de construction change, évolue, jusqu’à l’apparition du béton et de l’acier. Le ciel est à portée de main, vont-ils y parvenir ?

     Ce livre grand format se tisse tel le modèle de la Tour de Babel. Au fil du récit et des illustrations nous suivons l’évolution de l’architecture si complexe avec les époques et les matériaux utilisés. Le lecteur se permet de rêver à travers les siècles traversés. Il est également sensibilisé sur la responsabilité de la destruction des arbres par la folie humaine. Toujours plus, encore plus, mais à quel prix ! À noter, l’histoire de l’architecture, en toute fin d’album, un petit récapitulatif permettant au lecteur de situer dans le temps et l’espace l’ampleur du phénomène. La Tour est un regard émerveillé sur ce qui nous entoure tout en gardant conscience de sa fragilité.

 

L’avis d’Elijah

     L’album est très joli et graphique. C’est le temps qui passe avec tout ce que l’Homme est capable de construire. Je n’ai pas tout compris dans les dates à la fin, c’est pas facile de situer ce qui se passait avant notre époque. Je comprends qu’il ne faut pas trop construire pour ne pas détruire la nature et c’est le principal.

 

48281496_1120703068104616_7784038610889605120_n

 47684251_913864972140732_9006063021142835200_n

 48358395_501010023730394_3349845672202338304_n

 

13 décembre 2018

Yehunda- Isabelle Wlodarczyk et Dani Torrent

Éditions d’Orbestier- Rêves bleus, octobre 2015, dès 6 ans

 

Mon avis

     Avant même d’ouvrir cet album vous ressentez toute la puissance de cette petite Yehunda. Sur cette couverture, ses yeux bleus et sa peau foncée sont magnifiquement représentés.48355884_343682366424092_6255206819619143680_n

     Yehunda est une jeune esclave travaillant dans les champs de coton aux États-Unis. À la nuit tombée elle aime retrouver son ami Noé. Lui, a les cheveux dorés et la peau claire. Il est aussi le fils du contremaître. Chaque nuit, ces deux enfants vivent d’insouciance et rêvent de liberté, ensemble.

     Isabelle Wlodarczyk aborde le sujet sensible de l’esclavage à travers cet album au format XL et aux illustrations remarquables de Dani Torrent. Le tout s’assemblant à la perfection. Les couleurs s’harmonisent avec chaque passage du texte, nous donnant cette impression de présence réelle avec les personnages.

     En posant votre regard sur Yehunda vous imaginerez la dureté de son travail d’esclave à cette époque, l’espoir qui émane d’elle et cette envie de liberté qui coule dans ses veines. Car oui, pour atteindre le bonheur il faut passer par bien des étapes alors en attendant elle profite du peu d’instants volés avec son ami et confident. Cette amitié où la différence est insignifiante, seule la joie de se retrouver est présente.

     Vous l’aurez compris, Yehunda, est une lecture très touchante, sensible, où l’injustice, les discriminations et la haine n’ont pas leur place. À mettre entre toutes les mains.

 

L’avis d’Elijah

     L’album est très joli. J’ai aimé l’histoire de ces enfants qui ne sont pas du même milieu ni de la même couleur mais qui s’aiment. L’esclavage est dur mais heureusement à la fin il est aboli et l’amour triomphe.

47687911_352977142154168_3995145550440693760_n

 

 48362007_506377119850090_3161467809599324160_n

 

 47684692_1909034332527873_5024864530887344128_n

12 décembre 2018

Ma dévotion- Julia Kerninon

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

La brune au Rouergue, août 2018, 299 pages

 

     Helen a 80 ans lorsqu’au détour d’une rue londonienne elle croise Franck Appledore. Après vingt-trois ans de silence, son ami, son amant se trouve face à elle. L’occasion pour cette littéraire de livrer cette vie passée à deux. « Mais je crois que nos tempéraments portaient en eux, dès le départ, ce qui allait causer notre chute et la mort d’un innocent. »

 ma dévotion

     Je découvre avec ce roman, Julia Kerninon et cet univers si particulier. La tension est installée rapidement, comme une urgence pour Helen de confesser la relation si unique qu’elle a eu avec Franck. Ce rôle de meilleure amie qu’elle s’attribue tout en étant mère et épouse donnant sa vie à un homme si peu reconnaissant et destructeur. Pendant des années elle se voile la face, ignorant le vrai bonheur auquel elle peut prétendre. Mais aujourd’hui l’heure de la confrontation des sentiments a sonné. Un roman sublime, tout en finesse où l’Homme est mis à nu.

 

11 décembre 2018

Les inséparables- Dominique Missika

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

 

Seuil, octobre 2018, 251 pages

     Dominique Missika nous éclaire sur la famille Jacob. Aidé par Denise Jacob et de nombreuses archives elle dresse le destin de cette famille déportée lors de la Seconde Guerre mondiale. De ces camps ne reviendront que les trois filles : Madeleine, Denise et Simone, meurtries à jamais. Leur survie, elles la tairont avec gêne et incompréhension. « Assez ! L’entourage réagit à l’unisson : ‘Tournez la page !’ ‘Oubliez, c’est du passé.’ Combien de fois ont-elles entendu ces phrases toutes faites. C’est l’inverse, pour oublier il faudrait parler, il faudrait qu’on les écoute, qu’on mesure ce qu’elles ont enduré. » Ce n’est que lors du décès accidentel de Madeleine que les dernières survivantes oseront parler de cet après-guerre, de cette place si difficile en tant que rescapé en France.

 les inséparables

     Un récit essentiel qui démontre l’ignorance et l’insuffisance d’attention portée aux rescapés de la Seconde Guerre mondiale. Ces traumatisés de la guerre n’ont pas eu l’opportunité de parler, se confier sur les sévices et atrocités subis. Se taire, cacher et vivre avec. Heureusement, les langues se délient et la vérité est mise à vif. La famille Jacob sur laquelle le sort s’acharne, brisée par ses morts est remarquablement humaine. Une belle leçon de vie.