Mes écrits d'un jour

26 avril 2018

Seuls les enfants savent aimer – Cali

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Cherche midi, parution janvier 2018, 190 pages

 

     Bruno, 6 ans, vient de perdre subitement sa maman – Mireille, l’institutrice du village - des suites d’un cancer. Comme-ci son chagrin n’était pas déjà assez grand, on l’empêche d’assister à l’enterrement, le jugeant trop jeune et incapable de comprendre. « Je n’ai pas le droit d’être avec eux. Ils ont dit que j’étais trop jeune pour affronter la mort. Pas de taille pour être à tes côtés, marcher avec eux derrière toi. Si, je te le jure maman. Trop jeune pour voir ce truc en bois descendre dans le trou creusé au cimetière. » Bruno aimait sa mère d’un amour incommensurable et se sent dans l’incapacité de vivre sans elle. « Je comprenais à peine ce qui se passait. En moi il n’y avait que ce mot : pourquoi ? Un mot qui se cognait contre les murs du silence. Ce mot qui cherchait une issue, un bout de réponse, n’importe quoi, et qui sans cesse hurlait : pourquoi, pourquoi ? » Hélas, il ne peut même pas trouver refuge auprès de son père dont l’immense chagrin l’isole de ses enfants. Bruno exprime à travers ces pages ce manque d’amour dont il souffre et comment durant une année il tente de survivre autour de ce drame.

« Seuls les enfants savent aimer.

Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.

Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.

Seuls les enfants meurent d’amour.

Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.

À chaque seconde le cœur d’un enfant explose. »

 

     Je ne connais pas Cali, le chanteur, c’est donc vierge de ses mots que j’ai débuté ma lecture. Dès les premières lignes ce gosse m’a émue et surtout a touché mon petit cœur de maman. Dans ses mots, j’ai pu imaginer sa souffrance, sa solitude, cette absence d’amour maternel dont on le prive. Imaginer seulement car je ne souhaite à personne de le comprendre. Il conçoit que dorénavant il doit vivre sans l’être qu’il aimait le plus au monde. Bruno cherche l’amour sous une autre forme auprès de son frère, sa sœur et du petit nouveau de l’école, Alexandre Jolly. Seuls les enfants savent aimer est un livre-thérapie. Cali se livre à cœur ouvert sur une période difficile de son enfance. Dans un texte poignant, il nous transmet la rage et la force qu’il lui a fallu pour revenir à la réalité et avancer. Cali signe une magnifique déclaration d’amour à sa maman partie trop tôt.

 

 


24 avril 2018

Lait et miel- Rupi Kaur

Charleston, parution septembre 2017, 208 pages

 

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     Comment résister à l’appel de cette splendide couverture ? Je n’ai pas pu résister pour aller me le procurer et ô combien j’ai eu raison.

     Rupi Kaur est une jeune auteure de 24 ans, d’origine indienne. Elle s’est fait connaître sur les réseaux sociaux et a bien vite emballé la toile avec son œuvre devenue best-seller pour le New-York Times.

     Lait et miel parle de violence, d’amour, d’abus sexuels, d’abandon, de douceur… Il se présente en quatre chapitres, embellis de dessins de l’auteure : souffrir, aimer, rompre, guérir. Je ne vais pas vous dévoiler le contenu de chaque chapitre, juste vous glisser quelques citations pour vous donner une approche.

 

 ‘Souffrir’

« nos genoux

écartés de force

par les cousins

et les oncles

et les hommes

nos corps touchés

par toutes les mauvaises personnes

que même dans un lit pourtant sûr

nous avons peur »

 

‘Aimer’

« tu enroules mes cheveux

autour de tes doigts

et tires doucement

c’est ta façon

de faire de la musique

avec mes notes

-préliminaires »

 

‘Rompre’

« je ne suis pas partie parce que

j’ai cessé de t’aimer

je suis partie parce que

plus je restais moins

je m’aimais »

 

‘Guérir’

« si tu es née avec

la faiblesse de tomber

tu es née avec

la force de te relever »

 

     Les mots de Rupi Kaur sont magiques, ils se posent sur nous tout en délicatesse malgré leurs thématiques parfois violentes. Elle parvient à nous emmener dans les entrailles de la féminité. Sans trop se l’avouer chacune de nous peut s’identifier à certaines situations. C’est un texte de femme. Un texte pour se construire et se forger une identité sexuelle. Rupi Kaur brise le silence des violences sexuelles sans prendre de gants et elle aurait eu tort de se priver. Oui, j’ai été heurtée par des termes mais à côté de ça elle nous offre une maîtrise de la souffrance portée sur les sentiments, la motivation et la douceur.

     Il faut le lire pour le vivre. C’est beau, c’est juste, c’est magnifiquement écrit.

UN BIJOU DE POÉSIE

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22 avril 2018

Interview 'Les lectures de Claudia'

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Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux!
Mon blog Les lectures de Claudia est récent puisqu'il a été crée en septembre 2017 grâce à l'aide d'une amie blogueuse. J'avais depuis très longtemps, envie d'en avoir un. Je suis donc très heureuse d'avoir réalisé ce projet qui me tenait à cœur. Je parle uniquement de mes lectures pour l'instant. Mais j'espère le développer un peu plus dans le futur.
Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant?
Je m'intéresse uniquement à la littérature contemporaine et récente. Je suis de près les rentrées ou sorties littéraires. J'aime aussi les thrillers.
Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.
Difficile de choisir !  Je dirais 'Je vais mieux' de David Foenkinos et 'Les heures souterraines' de Delphine de Vigan.
Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.
'Je mourrai une autre fois' d' Isabelle Alonso. Magnifique !
En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?
Mon rituel indispensable, lire dans un bon bain chaud ! Accompagné d'un thé et c'est le paradis !
Un petit mot pour la fin?
J'espère que vous aurez envie de découvrir mes lectures suite à cette petite présentation. Bonne lecture à tous.

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21 avril 2018

Le ramadan de la parole- Jeanne Benameur

Actes Sud Junior, parution mai 2014, 53 pages

 

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 Petit recueil de trois récits. Trois jeunes filles en révolte pour la liberté des femmes.

     ‘Même les chinoises n’ont plus les pieds bandés’. La première vit dans une famille catholique où la seule lecture autorisée est celle de la Bible. Elle se rebelle contre sa mère qui veut lui retirer ses livres. « Mes livres vous font horreur. Ils sont ma jungle et ma liberté. Ils sont le souffle que je vous crache au visage. Je voudrais d’ici demain les faire entrer sous ma peau. La connaissance tatouée à l’intérieur. Pour vivre. Les mains qui ont écrit ces mots étaient des mains libres. Je les voudrais sur ma tête cette nuit pour une dernière bénédiction. Et votre Bible ne m’est rien. »

     ‘Le ramadan de la parole’. La deuxième se mure dans le silence pour contrer la pression de sa religion musulmane qui lui impose de soustraire à la vue l’ensemble de ses caractères féminins. « Je ne veux plus participer à ce langage qui fait de nous des bêtes de crainte. Je me lave de toutes ces insultes qu’on entend, de tous ces gestes obscènes, de tous ces interdits qu’ils jettent sur nous pour se protéger de leurs désirs. »

     ‘À l’affiche’. La troisième n’accepte pas que sa mère ait posé nue sur une affiche publicitaire. « Je cache  mon corps de plus en plus. Des vases communicants. Plus tu dévoiles et plus je masque. J’ai honte. Si honte. C’est comme si c’était moi qu’on exhibait. Je hais les affiches pour longtemps. »

 

     J’aime les idées que défendent chacune de ces jeunes filles. Dans ces textes, de mini-journaux intimes, il est question d’identité culturelle, intellectuelle et physique. Aucune ne veut subir un monopole familial. S’émanciper et se libérer de ces dictats, c’est leur seule conviction. La liberté des femmes, sujet d’actualité depuis des décennies et qui malheureusement n’avance pas plus vite qu’un escargot à l’échauffement ! En clair, la brièveté des textes les rendent d’une telle puissance qu’ils nous interrogent toujours et encore sur la condition des femmes.

 

 

19 avril 2018

Taqawan- Éric Plamondon

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Quidam éditeur, parution janvier 2018, 196 pages

 

« En langue mi’gmaq, on nomme taqawan un saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois. »

     1981, sur la réserve de Restigouche, occupée par les indiens Mi’gmaq, des agents de la sûreté du Québec viennent de s’emparer des filets des pêcheurs. Limiter la pêche pour cette population a-t-elle un enjeu économique ou politique ? Durant ce raid d’une extrême violence, une jeune fille, Océane, est violentée, violée et disparaît. « D’où vient cette nécessité, comme innée, depuis le fond des âges, qui veut que l’espèce humaine se batte et s’entretue au nom d’un lieu, d’une famille, d’une différence irréductible ? Pourquoi mourir pour tout ça ? » Un homme lui vient en aide, Yves Leclerc, agent de conservation de la faune et démissionnaire, ne cautionnant plus les agissements de ses supérieurs. Ce binôme croise la route de bien des personnages qui les aideront vers un meilleur destin.

 

     Roman policier, roman historique, roman d’aventure, un peu tout à la fois, Taqawan, c’est un puzzle à reconstituer afin de saisir tous les aspects de la colonisation du Québec. La volonté fédérale est de briser purement et simplement un peuple ancestral, user de son pouvoir et s’imposer. Éric Plamondon parle en faveur des indiens Mi’gmaq, de cette cause amérindienne. Il nous livre leur histoire en s’appuyant sur des extraits de conférence de presse, de faits historiques, mais aussi sur l’œuvre d’Alanis Obomsawin ‘Les évènements de Ristigouche’ pour élaborer son récit. Un roman important, même si c’est une fiction, une grande partie des faits relatés ont eu lieu (hélas). Une construction pleine de découvertes et de rencontres. Je suis sûre qu’en le relisant j’y apprendrais encore et encore…alors je le relirais avec plaisir !

     Pour la petite anecdote, le taqawan est beaucoup pêché à la Sainte-Madeleine, le 22 juillet, jour de mon anniversaire, je ne l’oublierai pas. :)

 

 


16 avril 2018

Une immense sensation de calme- Laurine Roux

Les éditions du sonneur, parution mars 2018, 119 pages

 

     De ce froid sibérien, un homme, Igor, puise sa force de vivre dans cette nature sauvage où l’Homme n’a pas sa place. Son travail consiste à livrer du poisson séché à de vieilles femmes recluses dans la montagne. Une jeune femme, la narratrice, tombe sous son charme et décide de le suivre. « Je suis une enfant qui fait l’amour avec Igor, mais aussi avec la forêt, le lac, les hirondelles du printemps, les grives de l’automne, qui se laisse choisir par la jouissance, les bras ouverts et le bouche continûment humide. Je crois pouvoir dire que nous sommes beaux. Chaque seconde explose en fruit gorgé, chaque jour est l’orée d’un commencement. » Ce roman est l’histoire d’Igor mais pas que. C’est aussi celle de Baba, la grand-mère pleine de bonté. Des frères Illiakov et leur pêche. De Grisha et ses légendes.

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     Laurine Roux, de son écriture poétique, est parvenue à m’envoûter à tel point qu’il m’est difficile de trouver des mots pour justifier mon ressenti. M’abandonner corps et âme dans ses pages, voilà mon état. Ce récit est un conte dramatique où l’Homme est confronté à la rudesse polaire, où la survie et la lutte sont indispensables, où l’amour affronte les pires tempêtes. « Je me sentais comme ces troncs d’arbres épluchés, au bord du lac, qui semblaient morts et attendaient les haleines chaudes du printemps pour retrouver leur par-dessus vert. » On pourrait croire un monde parallèle, inexistant, nous projetant dans les rapports humains si complexes et souvent incompréhensibles. L’Homme et la nature, l’amour et la mort, la lumière et le froid, autant d’oppositions qui s’unissent pour nous emmener loin dans notre réflexion. Car oui, l’Homme ne fait qu’un. « Nous sommes des dieux qui ont reçu la beauté en héritage. La splendeur de la jeunesse est éternelle. Seuls comptent le plaisir de l’effort et celui d’être là. Simplement là, ici et maintenant. »

 

 

15 avril 2018

Interview 'Livres-avis de Steph'

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------> Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux!
------> Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant?
Je lis de la News romance , du YA , des thrillers ,des livres pour enfants , des dystopies , un peu de tout en fait ! J’aime m’ouvrir à tous les genres.
------> Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.
Alexandra Gonzalez et Jenifer.L Armentrout et Tilie Cole.
------> Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.
Ade ❤️
------> En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?
Sur mon canapé assise en tailleur ou dans mon lit couché à moitié sur le côté gauche.
------> Un petit mot pour la fin?
Vive la lecture et une pal qui déborde.

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13 avril 2018

Plus jamais seul- Caryl Férey

Gallimard Série noire, parution janvier 2018, 319 pages

 

     McCash, la cinquantaine bien tassée, se retrouve en compagnie d’une gamine de 12 ans. Pas n’importe laquelle. Alice est sa fille, issue d’une de ses histoires volages, il en a la charge depuis le décès de sa mère, atteinte d’un cancer. « Comment lui, l’homme qui pourrissait sur pied, le condamné volontaire, démissionnaire et nihiliste, s’occuperait-il d’une orpheline pré-pubère qu’il ne connaissait pas ? » Pour passer le temps d’un été il l’emmène à la pointe bretonne, tentant de se prouver qu’il a la fibre paternelle. Hélas, le décès de Marco, son grand ami avocat, vient bouleverser son nouveau statut de père. Il semble que son ami, très bon navigateur, ait été heurté par un cargo en pleine mer. McCash n’en croit rien et son âme d'ex-flic le contraint à mener l'enquête, laissant de côté cette image de père modèle dont il n'a pas la recette miracle. « Ce voyage vers l’inconnu n’était-il qu’un prétexte pour fuir ? » McCash apprend que son ex-femme, Angélique, est une femme engagée dans le soutien aux migrants et qu’elle était présente à bord du voilier. Cet accident a eu lieu en pleine nuit, or Marco déteste naviguer dans la pénombre. Alors pourquoi le faire ? Était-il contraint et forcé de le faire ?

 

 

     Première lecture de Caryl Férey me concernant et ô combien elle secoue. Cet auteur et son franc parler, sans tâche ni filtre, bamm tu te prends l’uppercut là où j’pense ! Traitant d’un sujet d’actualité : le trafic des migrants. L’intrigue est bien menée avec une approche délicate dans la première partie, installation des personnages. Mais dans la deuxième partie, tout s’enchaîne et ça va vite. Avec Caryl Férey les méchants sont de vrais méchants, ça frappe et ça tue, oubliez le monde des bisounours ! En clair, un bon vieux polar bien efficace.

 

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08 avril 2018

Interview "Les dégustations littéraires"

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Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? on veut tout savoir, nous les curieux!
Je tiens seule mon blog Les dégustations littéraires. Je l'avais d'abord créé en collaboration avec une amie mais nous avons rapidement pris chacun le notre mais c'est moi qui ai trouvé le titre! J'y parle de livres bien entendu mais également de cinéma et de séries.
Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture  s'y reflète te concernant?
Surtout de la littérature de l'imaginaire sous plusieurs formes: steampunk, fantastique, fantasy, dystopie... Et beaucoup de littérature young adult.
Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.
Bien évidemment sans aucune hésitation il s'agit de ma rencontre récente avec Marissa Meyer. On ne rencontre pas tous les jours son auteure préférée pour une interview!
Dernier coup de coeur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.
Je parlais de Marissa Meyer, eh bien mon dernier gros coup de coeur a été Heartless.
En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?
J'ai deux manières de lire. Soit dans les transports pour mettre à profit ce temps. Soit sur mon canapé parfois avec de la musique ou avec un thé (Earlgrey bien sucré c'est ce que je préfère).
Un petit mot pour la fin?
Lire c'est la vie!
Un grand merci à Léa qui inaugure cette nouvelle catégorie avec son joli blog.

07 avril 2018

L’attrape-souci- Catherine Faye

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Mazarine, janvier 2018, 297 pages

 

     Lucien a 11 ans et divague dans les rues de Buenos Aires, perdu, abandonné de sa mère. « Avais-je fait quelque chose de mal ? »  Celle qui a osé partir, le planter là, le quitter, a fait de lui un enfant des rues. « Chaque jour, je parcourais des kilomètres de trottoirs, en mangeant des hot dogs dégoulinants de ketchup, des donuts, n’importe quoi de facile à acheter dans la rue. Je me laissais perdre. Quand j’étais trop fatigué, je dormais là où je pouvais, dans des recoins dissimulés. » Il lui faut donc survivre dans une ville où la pauvreté domine déjà pas mal tout en gardant à l’esprit de retrouver sa génitrice. « Une voiture se répare, un rhume se guérit, une mère se retrouve, c’est forcé. » Lucien rencontre sur sa route Gaston qui milite contre le président qui ne bouge ne serait-ce que le petit doigt pour ces va-nu-pieds, puis Solana, étudiante en art le jour et courtisane la nuit. Enfin, Amigo et Adela. Lucien ne fait pas que croiser ces gens, c’est grâce à eux qu’il apprend et grandit. Mais le rêve inaccessible de sa mère le hante.

 

     L’attrape-souci est un roman d’apprentissage. Nous suivons Lucien dans son parcours vers le renouveau. Tous les ingrédients sont réunis : « le pas de bol », l’errance, les rencontres, les épreuves, la recherche, le questionnement, les tentatives et la résurrection.  Tout est condensé en quelques mois, donnant un rythme de lecture soutenu. Catherine Faye a écrit son récit à la première personne. Lucien nous parle. À lire à travers ses yeux d’enfant, tout nous paraît plus intense, plus violent, plus sombre. J’ai eu envie de prendre l’avion et de le ramener chez moi ! Il est inconcevable de faire vivre une chose pareille à un gosse ! Le ton naturel employé fait que l’on s’attache à lui au fil des pages et de cette relation mère/fils si impossible. Lucien encaisse ce manque d’amour et en fait une force.  Ce roman a su me toucher au vif et confirme à sa façon que l’on ne choisit pas sa famille mais que l’on peut choisir ses amis !