Mes écrits d'un jour

13 décembre 2018

Yehunda- Isabelle Wlodarczyk et Dani Torrent

Éditions d’Orbestier- Rêves bleus, octobre 2015, dès 6 ans

 

Mon avis

     Avant même d’ouvrir cet album vous ressentez toute la puissance de cette petite Yehunda. Sur cette couverture, ses yeux bleus et sa peau foncée sont magnifiquement représentés.48355884_343682366424092_6255206819619143680_n

     Yehunda est une jeune esclave travaillant dans les champs de coton aux États-Unis. À la nuit tombée elle aime retrouver son ami Noé. Lui, a les cheveux dorés et la peau claire. Il est aussi le fils du contremaître. Chaque nuit, ces deux enfants vivent d’insouciance et rêvent de liberté, ensemble.

     Isabelle Wlodarczyk aborde le sujet sensible de l’esclavage à travers cet album au format XL et aux illustrations remarquables de Dani Torrent. Le tout s’assemblant à la perfection. Les couleurs s’harmonisent avec chaque passage du texte, nous donnant cette impression de présence réelle avec les personnages.

     En posant votre regard sur Yehunda vous imaginerez la dureté de son travail d’esclave à cette époque, l’espoir qui émane d’elle et cette envie de liberté qui coule dans ses veines. Car oui, pour atteindre le bonheur il faut passer par bien des étapes alors en attendant elle profite du peu d’instants volés avec son ami et confident. Cette amitié où la différence est insignifiante, seule la joie de se retrouver est présente.

     Vous l’aurez compris, Yehunda, est une lecture très touchante, sensible, où l’injustice, les discriminations et la haine n’ont pas leur place. À mettre entre toutes les mains.

 

L’avis d’Elijah

     L’album est très joli. J’ai aimé l’histoire de ces enfants qui ne sont pas du même milieu ni de la même couleur mais qui s’aiment. L’esclavage est dur mais heureusement à la fin il est aboli et l’amour triomphe.

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12 décembre 2018

Ma dévotion- Julia Kerninon

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

La brune au Rouergue, août 2018, 299 pages

 

     Helen a 80 ans lorsqu’au détour d’une rue londonienne elle croise Franck Appledore. Après vingt-trois ans de silence, son ami, son amant se trouve face à elle. L’occasion pour cette littéraire de livrer cette vie passée à deux. « Mais je crois que nos tempéraments portaient en eux, dès le départ, ce qui allait causer notre chute et la mort d’un innocent. »

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     Je découvre avec ce roman, Julia Kerninon et cet univers si particulier. La tension est installée rapidement, comme une urgence pour Helen de confesser la relation si unique qu’elle a eu avec Franck. Ce rôle de meilleure amie qu’elle s’attribue tout en étant mère et épouse donnant sa vie à un homme si peu reconnaissant et destructeur. Pendant des années elle se voile la face, ignorant le vrai bonheur auquel elle peut prétendre. Mais aujourd’hui l’heure de la confrontation des sentiments a sonné. Un roman sublime, tout en finesse où l’Homme est mis à nu.

 

11 décembre 2018

Les inséparables- Dominique Missika

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

 

Seuil, octobre 2018, 251 pages

     Dominique Missika nous éclaire sur la famille Jacob. Aidé par Denise Jacob et de nombreuses archives elle dresse le destin de cette famille déportée lors de la Seconde Guerre mondiale. De ces camps ne reviendront que les trois filles : Madeleine, Denise et Simone, meurtries à jamais. Leur survie, elles la tairont avec gêne et incompréhension. « Assez ! L’entourage réagit à l’unisson : ‘Tournez la page !’ ‘Oubliez, c’est du passé.’ Combien de fois ont-elles entendu ces phrases toutes faites. C’est l’inverse, pour oublier il faudrait parler, il faudrait qu’on les écoute, qu’on mesure ce qu’elles ont enduré. » Ce n’est que lors du décès accidentel de Madeleine que les dernières survivantes oseront parler de cet après-guerre, de cette place si difficile en tant que rescapé en France.

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     Un récit essentiel qui démontre l’ignorance et l’insuffisance d’attention portée aux rescapés de la Seconde Guerre mondiale. Ces traumatisés de la guerre n’ont pas eu l’opportunité de parler, se confier sur les sévices et atrocités subis. Se taire, cacher et vivre avec. Heureusement, les langues se délient et la vérité est mise à vif. La famille Jacob sur laquelle le sort s’acharne, brisée par ses morts est remarquablement humaine. Une belle leçon de vie.

10 décembre 2018

Dura Lex- Bruce Desilva

Grand Prix des Lectrices Elle 2019

Actes Sud, septembre 2018, 445 pages

     Dans les années 80, le plus jeune tueur en série, Kwame Diggs, a sauvagement assassiné des personnes de sexe féminin. Au moment des faits, celui-ci était mineur et le Code pénal de Rhode Island stipule bien que les mineurs doivent être libérés à 21 ans, quels que soient leurs crimes. Seul hic, il est toujours sous les verrous bien des années plus tard. Des condamnations supplémentaires, bizarrement apparues, ne font qu’augmenter sa peine. L’argument est de taille : ne pas laisser ce tueur dans la nature.

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     Dura Lex n’est pas un polar traditionnel, il m’a bien surprise. Dès le début du roman nous savons qui est le tueur et cela est presque secondaire. L’enquête est réalisée par des journalistes, menant une réflexion sur le rôle de la justice dans les condamnations. A-t-elle tous les pouvoirs ? Peut-elle détourner la loi comme bon lui semble, par intérêt ? Ce polar dérange et nous permet de douter du respect du droit d’autrui. De plus, savoir que l’auteur s'est inspiré de faits réels pour imaginer son roman me donne froid dans le dos.

 

 

06 décembre 2018

Rencontre avec Olivier Liron- 29 novembre 2018 Librairie Doucet

     Olivier Liron est né en 1987. Après de brillantes études et une expérience dans l’enseignement à la Sorbonne, il est désormais auteur et scénariste. Son premier roman Danse d’atomes d’or a été publié en 2016 chez Alma Éditeur et adapté pour le cinéma en 2017. Ce soir-là, il est venu nous parler de son second roman Einstein, le sexe et moi (mon billet ici) publié cette année chez Alma Éditeur.

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« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je vais vous raconter une histoire. Cette histoire est la mienne. J’ai joué au jeu télévisé Questions pour un champion et cela a été très important pour moi. » Nous voici donc en 2012 sur le plateau de France 3 avec notre candidat préféré. Olivier Liron lui-même est fort occupé à gagner ; tout autant à nous expliquer ce qui lui est arrivé. En réunissant ici les ingrédients de la confession et ceux du thriller, il manifeste une nouvelle fois avec l’humour qui est sa marque de fabrique, sa très subtile connaissance des émotions humaines.

 

     Son livre est un roman autobiographique dans lequel il aborde son enfance et la différence en générale à travers le jeu télévisé Questions pour un champion. Sa démarche initiale était de raconter son parcours, pas spécialement en abordant l’autisme. Il écrivait en se demandant : comment s’accepter soi-même en ayant une enfance compliquée ? De cela découle une réflexion logique. Les enfants ne sont pas violents, c’est le mécanisme de nos sociétés ou plutôt le modèle de pensée qui se reflète à l’école, et pose souci.

     L’enfant, dans son roman, veut prendre une revanche sociale en jouant au jeu télévisé. Ce n’est pas une colère mais une rage de gagner, quelque chose de sain, une puissance vitale.47469018_2283718974996288_6360606588373303296_n

     Olivier Liron décrit une situation de jeu, à aucun moment il ne juge ses personnages, leurs combats dans ce cadre particulier. « C’est une guerre, un champ de bataille. » Il a trouvé extrêmement drôle de raconter cela, nul ne s’est senti offensé en le lisant car il est sincère dans ses mots. Julien Lepers a lu le roman et l’a beaucoup aimé, un bel hommage à cette émission.

     Einstein, le sexe et moi est un livre qui libère la parole et rassemble les gens. La preuve en est ce soir-là. Nous dévorons Olivier Liron des yeux dès qu’il pose ses lèvres sur son texte. N’ayant qu’une envie, qu’il lise encore et encore tous ces passages remplis d’humanité.

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26 novembre 2018

Einstein, le sexe et moi- Olivier Liron

Alma Éditeur, avril 2018, 194 pages

 

     Cette histoire est celle d’Olivier Liron et plus particulièrement de sa participation au célèbre jeu télévisé Questions pour un champion. Nous le suivons, en 2012, errant dans ses souvenirs le temps de l’enregistrement du jeu. J’avoue que cela n’est pas très emballant au premier abord mais très vite le ton m’a emportée. Cet homme, autiste Asperger, nous balade entre la culture et la joie de vivre. Il est différent, peut-être, mais sûrement pas malade. Alors il en fait un atout, une force à travers son récit semé de confidences, de rigolades, d’aveu et de souffrances. Aujourd’hui, Olivier Liron est auteur-scénariste mais le chemin pour y parvenir n’a pas été des plus aisés. Comme pour faire un pied de nez à ses détraqueurs écoliers qui se moquaient de lui, le rejetaient, il a suivi des études à l’École normale supérieure. Ne jamais baisser les bras, affronter et donner le meilleur, voilà ce qui le qualifie et justifie sa présence au jeu.

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     Olivier Liron parvient à faire un roman drôle et touchant sur la différence dont il est porteur : l’autisme. Ses mots détiennent du bon sens, servis avec humour pour ne jamais entrer dans le pathos. J’ai ri, oui, de cette situation au jeu si bien décrite. J’ai été émue, aussi, de ce tête à tête avec l’auteur. Il se confie sur les évènements marquants de sa vie, ceux qui ont fait de lui un homme remarquable. Un homme qui ose affronter le regard des autres, le jugement, le rejet pour se construire. Sachez qu’il est doté d’un super pouvoir, vous savez lequel ? Celui d’écrire, de poser là, sur du papier des mots si forts et si justes que l’on ne peut qu’être charmé. « Ce qui m'a sauvé, ce qui m'a toujours sauvé, ce qui m'a permis d'avancer, c'est l'écriture et la poésie. »

25 novembre 2018

Interview blog 'Agathe The Book'

 

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Ton blog: Qui? Que? Quoi? Où? Comment? On veut tout savoir, nous les curieux!

     Agathe The Book, présente sur Instagram, Facebook, Twitter et WordPress ! Cela fait trois ans pile à présent que j'ai commencé à poster mes lectures sur les réseaux et à en parler avec la communauté. Je venais de déménager dans une ville inconnue, d'ouvrir un cabinet dentaire avec mon cher et tendre, je crois que j'avais réellement besoin d'une bulle d'air. J'ai découvert un joyau de culture et de bienveillance. Après un an et demi d'échanges passionnés, j'ai commencé à rencontrer agathedes blogueurs IRL, ainsi que des auteurs, c'était le début d'une folle aventure, car il y a un an j'ai créé avec ma chère associée Livresselitteraire le Grand Prix des Blogueurs littéraires, dont je te reparle un peu plus bas.

 

Miroir, ô miroir. Quel genre de lecture s'y reflète te concernant?

     J'affectionne particulièrement la littérature française, contemporaine, quand la psychologie fine des personnages est au rendez-vous. Je jette souvent mon dévolu sur les romans reflets de notre époque, moins les classiques, sauf certains intemporels. J'aime les récits réalistes et les belles plumes, j'aime quand je sens l'âme de l'auteur derrière les mots, et qu'il ne me prend pas en otage avec des pivots marketing page-turner. L'autofiction par exemple, me plait énormément ;)

 

Ta rencontre littéraire la plus marquante, celle qui t'as donné des papillons dans le ventre.

     La première, bien sûr, elle marque à vie ;) Suite à une chronique sur "L'invention des corps" mon gros coup de cœur 2017, j'ai été contactée l'an passé pour célébrer sa victoire au Prix de Flore! Quelle soirée de folie, non seulement j'ai rencontré l'auteur Pierre Ducrozet mais aussi beaucoup d'autres comme Clarisse Gorockhoff, François-Henri Deserable, Olivier Guez, Gautier Battistella, Sylvie Le Bihan, Eric Metzger, et Frédéric Beigbeder bien sûr ! Tout ce monde d'un coup c'était dingue, papillons dans le ventre assurés et paillettes plein la tête.

     Mon plus grand souvenir, c'était la première édition du Prix des Blogueurs en janvier dernier, à la librairie l'Instant, en compagnie de David Foenkinos, Olivia de Lamberterie, Mathieu Menegaux, Hadia Decharrière, Sebastien Spitzer, Clément Benech... Les blogueurs étaient tellement heureux de se rencontrer, j'en ai pleuré de bonheur, c'était comme si je me mariais. Une alliance naturelle entre passionnés et leurs auteurs fétiches, un moment de liesse intense.

 

Dernier coup de cœur, oui oui celui qui fait boum-boum quand tu le refermes.

     Ma Dévotion de Julia Kerninon ! Quand tu as le romanesque, l'histoire d'amour, un style d'écriture impeccable, tu dis Résultat de recherche d'images pour "ma dévotion"chapeau bas !

 

En mode carpette, les jambes en l'air avec un bon thé. Quel est ton rituel de lecture?

     Dans mon salon, seule à l'heure de la sieste de bébé, dans un bon fauteuil de lecture, en ce moment j'ajoute un petit plaid sur mes jambes mais l'été c'est en maillot dans mon hamac :) Plutôt vin rouge que thé, c'est selon les périodes de grossesse ...!

 

Un petit mot pour la fin?

     J'invite tous les lecteurs à voter pour la deuxième édition du Prix des blogueurs, votes ouverts jusqu'au 15 décembre, via gpbun formulaire sur le site: grandprixdesblogueurslitteraires.com

     Pour info, ce Prix récompense un roman de littérature française (ou francophone) de l'année. La spécificité de ce prix c'est que tous les lecteurs connectés, blogueurs, bookstagrameurs, chroniqueurs babelio et autres réseaux, peuvent voter, sans pré-sélection ! Ainsi, tout le monde est juré et il n'y a aucun biais, seul le cœur de la communauté parle... Au premier tour, chacun nomme deux coups de cœur de l'année, et au second on vote pour un livre parmi le top ten sélectionné au premier tour.

     Par la suite, les votants seront conviés par mail à s'inscrire à la soirée de remise de Prix que nous organiserons en janvier avec les auteurs plébiscités par la communauté.

     Merci Héliéna et bravo pour ton travail et ton engagement à travers la communauté !

 

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24 novembre 2018

À son image- Jérôme Ferrari

Actes Sud, août 2018, 219 pages

Prix Littéraire Le Monde - 2018

 

     Antonia, jeune photographe corse, trouve la mort au détour d’un virage. Son parrain, le prêtre du village, se charge de la cérémonie religieuse. Il était très proche d’elle, surtout depuis qu’il lui avait offert son premier appareil photo, pour ses 14 ans. Une passion commune partagée. Cette perte le peine beaucoup. À chaque étape de la messe, nous suivons un pan de l’existence d’Antonia associé à une photographie, un évènement. Un lien, celui de la vie chemine parmi eux.

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     Un récit dense, très complexe. Il ne m’a pas été simple d’entrer dans l’univers de Jérôme Ferrari. L’écriture est généreuse, minutieuse, avec de longues phrases dont il ne faut surtout pas décrocher. J’ai mis quatre jours à le lire, à le savourer à sa juste valeur pour mieux m’en imprégner. Le texte s’appuie sur un décès en y intégrant la photographie où plutôt le rôle qu’elle joue dans notre vie et notre mort. Comment peut-elle figer, capturer des instants précis ?  Et quel impact a-t-elle sur nous ? À son image amène à la réflexion. N’est-ce pas ça la magie de la littérature.

 

23 novembre 2018

Clairefontaine L’école des bleus Le grand match- Fabrice Colin et Christine Chatal

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Nathan, octobre 2018, 96 pages, dès 8 ans

 

     Ceci est l’histoire de deux copains qui sont au collège et qui font du foot. Dans cette histoire nos deux copains s’appellent Yannis on le surnomme « el diabolo » c’est le blagueur de la team et Jordan il est franco-américain, il est gardien de but, il est toujours positif et enthousiaste. Ils jouent contre Nantes pour savoir qui sera titulaire sur les vingt-trois jeunes joueurs. Is vont même rencontrer les bleus.

     Dans ce livre j’ai aimé que nos héros rencontrent les vrais joueurs de l’équipe de France. J’aurai préféré que ce livre soit sur un autre sport car je ne suis pas un fan de foot. 

                      

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21 novembre 2018

K.O. - Hector Mathis

Buchet Chastel, août 2018, 208 pages

 

     Sitam fuit la violence de Paris et cette mort qui rode en permanence autour de lui. Il veut vivre. Alors dans l’urgence il quitte la grande ville direction Amsterdam avec Capu, son amoureuse, sous le bras. Des jours heureux s’offrent à eux mais rapidement le feu, les armes, la guerre les rattrapent.

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     Les premiers mots sont posés, m’amenant à imaginer Grand Corps Malade slamer ce texte, là, au détour de ma rue, seul. Hector Mathis joue avec les mots, rythme son phrasé pour nous mettre K.O. Ce texte, porté par la musique, est une véritable réussite. J’ai été hypnotisée par cette voix, ce style et cette urgence d’écrire en phrases courtes. K.O. est un roman lumineux qui ne laisse pas indifférent. Il émerveille et donne une place de choix à la musique dans nos vies, nous donnant l’élan pour avancer encore et toujours. Croyez-moi K.O. va vous surprendre et vous en redemanderez !

     Je vous invite à visionner une vidéo publiée par la librairie Mollat (ici). Hector Mathis y présente son roman.