Mes écrits d'un jour

14 décembre 2017

Les souvenirs- David Foenkinos

Gallimard, parution août 2011, 266 pages

 

     Le narrateur, veilleur de nuit dans un hôtel parisien et romancier à ses heures perdues, est confronté au décès soudain de son grand-père. Cet homme à qui il aurait aimé dire ‘je t’aime’ plus souvent. Quelque temps plus tard, sa grand-mère est placée contre sa volonté en maison de retraite et parvient à fuguer.

« La fuite ne pouvait qu’avoir un lien avec une tentative de retrouver la beauté. »

     C’est à partir de ces évènements marquants que le narrateur nous emmène dans une succession de souvenirs.

« La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C’est toujours étrange de se dire que l’on peut continuer à avancer, même amputés de nos amours. Les jours nouveaux arrivaient, et je leur disais bonjour. »

 

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      Avec des allers-retours entre passé et présent David Foenkinos berce le lecteur au milieu de Patrick Modiano, Francis Scott Fitzgerald, Gaston Martinez, Serge Gainsbourg et bien d’autres encore. L’auteur a une imagination débordante autour d’une structure de récit basée sur le deuil, la peur de mourir, la perte de mémoire et la maladie. David Foenkinos nous offre un beau voyage à travers la fin de vie.

« Que veulent les vieux ? Ils s’isolent lentement, sur ce chemin qui les conduit à la blancheur. Tout ce qui fait la matière des conversations disparaît. Et on est là, comme des veilleurs de chagrin. »

     Ses mots sont doux à lire et nous invitent à découvrir des personnages profondément humains. Le roman est bien équilibré, entre le touchant et le drôle, les mots sont justes à chaque fois. L’auteur parvient à nous sonder sur l’importance des souvenirs. Sont-ils bénéfiques à l’Homme ? Car certains ne sont pas toujours bons à garder.

 

     Roman lu dans le cadre de l'objectif PAL d'Antigone.

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13 décembre 2017

Sauver les meubles- Céline Zufferey

Gallimard, parution mai 2017, 227 pages

 

     Le narrateur, un photographe, ouvre enfin les yeux sur son avenir professionnel plus qu’incertain dans l’artistique. Étant contraint de payer l’établissement de santé où est soigné son père, il devient alors photographe dans une société de meubles. Sa mission consiste à mettre en valeur des scènes pour un catalogue. OK il réussit à régler ses factures, aider son père mais il s’ennuie, seul. Pour combler ce manque, chaque soir il se connecte sur un tchat sexuel. Mais à 32 ans, cet homme a envie d’autre chose, de vrai. Il flirte avec Nathalie, sa collègue, très vite ils emménagent ensemble mais les difficultés du couple seront pour lui secondaires à côté de ce que lui propose Christophe, son ami … créer un site porno !

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     Un début de roman prometteur. Notre narrateur est confronté aux dures réalités : l’ignominie du monde du travail, l’anéantissement des rêves et la solitude très pesante. Oh chouette de l’empathie, je vais aimer ce roman. Hélas la mayonnaise est vite retombée. Le narrateur essaie de se sauver en se mettant en couple mais rien n’y fait ! Et puis, cette idée folle de site porno ! Les scènes et les dialogues se succèdent, rythment le récit qui pour moi est un stéréotype du mec malheureux qui rencontre un super pote avec une super idée. L’écriture est vive, prenante, dommage que le sujet ne m’ait pas séduite.

 

 

07 décembre 2017

Leur séparation- Sophie Lemp

Allary Éditions, parution septembre 2017, 96 pages

 

     Un petit récit abordant un grand sujet : la séparation. En effet, Sophie Lemp revient sur le divorce de ses parents, vécu lorsqu’elle avait 10 ans. Elle nous fait part de son opposition à cela, du non-choix d’un de ses parents, de sa culpabilité, de ses regrets. Gamine totalement paumée, errant au milieu des décisions d’adultes qui à jamais chambouleront sa vie. Elle aborde également l’impact de cette situation sur elle, femme, maman, aujourd’hui.

 

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     Ce petit condensé de lecture exprime la douleur qu’a pu subir cette enfant et que cette adulte ne parvient toujours pas à encaisser ! Une cicatrice à jamais ouverte ! Mais comme Sophie Lemp le dit si bien « Aujourd’hui, au bas de la page, j’ai ajouté Pour les réunir. » Peut-être une façon pour elle de reformer ce couple si longtemps espéré.

06 décembre 2017

Salon du livre et de la presse jeunesse 2017

     Le 33ème SLPJ s’est déroulé du 29 novembre au 4 décembre 2017 sur le thème des représentations de l’enfance et de l’adolescence dans la littérature jeunesse. 175 000 visiteurs ont ainsi pu fouler les allées du salon à la recherche de leurs coups de cœur, de papotages avec les éditeurs et des dédicaces de leurs auteurs favoris.

 

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     Cette année, j’y étais en tant que journaliste avec Bloggers’ le magazine littéraire pour lequel je travaille en tant que chroniqueuse.

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     Accompagnée par la fine équipe, nous avons présenté notre mag’ aux différents éditeurs présents sur le salon. La plupart sont très emballés pour celui-ci et certaines d’entre nous repartent avec des services presse pour les numéros à venir.

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     Après tous ces blablas, voici venu le moment solo. Me voilà partie à la recherche des deux auteures dont j’ai plus qu’apprécié leurs lectures. Sarah Crossan et Clémentine Beauvais. Et wouhhhh elles sont trop mimi.

------> Sarah Crossan/Clémentine Beauvais : Inséparables- Rageot

------> Clémentine Beauvais : Songe à la douceur- Sarbacane

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     Bien évidemment que serait un salon du livre sans achat ? Je vous présente mes petits nouveaux :

-          Trois filles en colère- Isabelle Pandazopoulos- Gallimard

-          Des poings dans le ventre- Benjamin Desmares- Rouergue- Pépite roman SLPJ 2017

-          L’aube sera grandiose- Anne-Laure Bondoux- Gallimard

-          Les cancres de Rousseau- Insa Sané- Sarbacane

-          Dans l’ourlet de nos jupes- Florence Cadier- Talents hauts

-          Quand le monstre naîtra- Nicolas Michel- Talents hauts

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     Pour résumer, ce salon était plus que grandiose, j’en repars des étoiles plein les yeux. RDV en 2018. Et longue vie à Bloggers’.

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     Ah si quand même, il faut que je vous dise, le samedi soir je suis allée swinguer à la soirée privée d’Albin Michel avec Amélie de chez Page des libraires et Myriam des Incorruptibles. Du beau monde, du champagne, du jambon de Bayonne et de la bonne musique. Celle-là je m’en rappellerais longtemps !

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05 décembre 2017

Faux-départ- Marion Messina

Le dilettante, parution août 2017, 221 pages

     Aurélie tente de terminer ses études de droit à Grenoble, sans grande motivation. Un soir, elle rencontre Alejandro, un colombien dont elle tombe follement amoureuse. Il lui fait tourner la tête jusqu’à l’abandonner comme une chaussette sale pour étudier à Lyon. La jeune femme décide alors de tout plaquer et tenter sa chance à Paris. Mais très vite elle se rend compte que sa précarité la met dans une situation très inconfortable. Aurélie rêve de stabilité, d’amour, d’enfants mais est-ce possible dans une ville où la démesure prône ?

« Ces gens n’étaient pas détestables mais nullement intéressants, leurs sujets favoris de conversation étaient la cuite passée et la biture du futur, parfois une allégorie engagée peu subtile sur Hitler et Sarkozy. »

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     Je cherche mes mots pour vous exprimer mon ressenti sur ce roman qui pour moi n’en est pas un. Je dirais plutôt un procès-verbal d’une jeunesse entrant dans la vie active sans bagages. Le ton est plombant, dur, décourageant. Les mots sont bruts, cash. Oui, aujourd’hui, il est difficile de trouver un job en sortant de l’école. Étant jeune (et oui ! 32 ans c’est jeune !) lire ce texte m’a désespérée. Comment nos enfants s’en sortiront ? Une lecture trop sombre pour moi.

     Ah si j’ai souris, pourquoi ? La petite note pour la Sarthe et plus particulièrement Mulsanne où j’ai grandi m’a amusée mais juste le temps de la phrase !

 

 


27 novembre 2017

Il n’y a pas internet au paradis- Gaëlle Pingault

Éditions du jasmin, parution août 2017, 221 pages

 

     Aujourd’hui, Aliénor est la veuve d’un suicidé. Son mari, Alex, s’est immolé sur son lieu de travail. Cadre dans une grande entreprise, il ne supportait plus la pression imposée par son détestable supérieur Boucher. À partir de ce moment Aliénor entre dans un monologue afin de comprendre et de s’expliquer à elle-même le passage à l’acte de son défunt mari. « Être la veuve d’un suicidé est un truc indémerdable. Entre la colère et la pitié, quelle place reste-t-il pour la peine, la vraie ? Comment fait-on un deuil quand on plaint son disparu autant qu’on lui en veut ? » Partant de ce fait, Aliénor revient sur l’histoire de son couple. Leur coup de foudre, leur réussite mutuelle, leur mariage et puis tous ces petits projets en devenir : bébé, achat de maison de campagne, voyage… Mais un maillon de la chaîne si parfaite craque. Alex perd ses repères lorsque Boucher, dont la réputation d’odieux personnage est déjà démontrée, est nommé chef de son service. Aliénor essaie au fil du récit de vivre sans, de faire avec, de subir, de compenser. Mais est-ce vraiment si simple ? « Moi, je veux que tu reviennes. Ou alors que rien ne soit arrivé. Je veux que tu sois là. Je veux, je veux, je veux. Je suis un enfant têtu qui tape du pied. Je fais un caprice. Je me roule par terre. J’ai mal. Je crie. Je suis un enfant perdu qui veut juste qu’on le berce pour l’apaiser. Je voudrais me rouler en boule. Dormir. Oublier. Ne pas ressentir. J’ai mal. Ça brûle. Ça hurle en dedans. Ça déchire. Ça broie. Il faudrait vomir. Vomir tout ça. »

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     Quoi de mieux pour un premier roman que de traiter d’un sujet sensible : le harcèlement au travail, trop souvent banalisé dans certaines grosses boîtes ! Gaëlle Pingault utilise un langage familier, direct ce qui m’a donné l’impression d’écouter les confidences et les souffrances d’une amie. Elle parvient à nous interpeller et à nous questionner sur ces méthodes de management plus que douteuses. « À quel moment précis commence le harcèlement, à quelle minute exacte se met en place la machine qui massacrera graduellement mais implacablement tous ceux qui se trouveront sur son chemin ? » Elle aborde aussi avec une grande sensibilité le deuil. Cette absence toujours présente à laquelle il faut s’habituer, cette place vide à combler, et cette culpabilité qu’il faut affronter. Nous suivons le cheminement d’Aliénor dans sa reconstruction, seule. Un roman très touchant, l’Homme doit être fort !

 

26 novembre 2017

Rencontre avec Claire et Anne (absente) Berest- 25 novembre 2017 Librairie Doucet

     Claire Berest est née en 1982 à Paris. Elle est diplômée de l’Institut universitaire de formation des maîtres et enseigne quelques années en ZEP avant de démissionner. En 2011, elle publie son premier roman Mikado et depuis continue d’écrire.

     Anne Berest est née en 1979 à Paris. Elle a été rédactrice en chef durant cinq ans aux Carnets du Rond-Point. En 2010, elle sort son premier roman La fille du père. Elle a également collaboré avec Édouard Baer au théâtre et co-écrit un téléfilm avec Valérie Donzelli.

     Claire Berest est venue nous présenter Gabriële, le roman qu’elle a co-écrit avec sa sœur Anne, à la Libraire Doucet.

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    Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient «  la femme au cerveau érotique  » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Étival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un xxe  siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.
       Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia.

 

 

     Toutes deux romancières les sœurs Berest ont toujours voulu fusionner leurs écritures mais fallait-il trouver le bon moment. Un jour, en lisant par plaisir une biographie sur Marcel Duchamp, Anne repère plusieurs fois la mention de Gabriële Buffet, son arrière-grand-mère. Elle se dit alors que c’est illogique de découvrir celle-ci à travers des livres, ce n’est pas naturel. Leur mère refusant d’aborder le sujet, c’est en creusant, entre sœurs, qu’elles trouveront les réponses sur leur famille. Elles ont lu tous les livres relatant Gabriële, interviewé des historiens d’art et puis par bonheur rencontré leurs cousines Picabia qui ont en leur possession de nombreuses archives. Leur mère les a laissé faire en les accompagnant à sa manière, en discrétion, sans commentaires. Claire Berest nous confie que c’est un peu pour elle qu’elles ont écrit, pour rattacher le fil qui était abimé. Une longue enquête leur permet de reconstituer le puzzle de la vie atypique de Gabriële. Il est également libérateur et éclairant pour les sœurs Berest. Trois ans d’écriture ont été nécessaires pour mettre en lumière Gabriële, cette femme à hommes intellectuels. Claire Berest s’est intéressée à son arrière-grand-mère comme sujet, en mettant de côté son lien de parenté pour mieux comprendre et reconstituer ce destin extraordinaire. Elle en est épatée et passionnée.

     Les sœurs Berest signent un texte à quatre mains joliment orchestré et Claire Berest en parle avec tellement d’engouement que cela me donne envie d’une relecture.

 

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21 novembre 2017

Thirteen reasons why- Jay Asher

 Audiolib, parution novembre 2017

 

     Hannah Baker est une adolescente perturbée, mal dans sa peau. À force d’humiliations, d’insultes, de harcèlement elle décide de mettre fin à ses jours. Mais avant de passer à l’acte elle fait des enregistrements audio pour expliquer son geste en pointant du doigt les treize personnes l’ayant poussée à ce geste dramatique. Parmi eux, Clay Jensen, qui reçoit les huit cassettes mais pas dans la même optique que les douze autres personnes et pour qui la vie va être bien différente par la suite.

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     J’ai commencé à écouter ce livre-audio en allant au travail. OK 20min et il m’agace ! La raison : faire parler une suicidée c’est plombant ! Cela peut vous paraître dur mais j’ai du mal avec le suicide qui pour moi est un geste égoïste alors entendre parler Hannah même sans avoir connaissance de ses raisons m’était difficile. Bref je ne me laisse pas abattre et reprend le lendemain.

     L’histoire est bien construite, elle vise les personnes responsables du passage à l’acte d’Hannah. Elle justifie son geste, l’explique et l’excuse presque. Le principe des enregistrements audio est judicieux, cela a plus d’impact sur les responsables. Perso je n’aimerais pas être à leur place, volontaire ou pas, méchanceté ou maladresse, ces ados ‘bourreaux’ n’ont pas fini de culpabiliser !

     C’est un roman suspense, nous savons dès le départ qu’Hannah se suicide mais savoir pourquoi elle est déterminée dans son geste est indispensable à la compréhension du lecteur. Hannah fait monter la pression au fil des cassettes, un fil tendu au maximum jusqu’à céder, où certains passages sont à la limite du soutenable.

     Attention, ce livre ne doit pas être mis entre toutes les petites mains, le sujet est très sensible et avant 15-16 ans c’est limite je pense.

     Le harcèlement scolaire est devenu le cheval de bataille de notre gouvernement depuis cette année, ouff il était temps !

 

17 novembre 2017

Gabriële- Anne et Claire Berest

Stock, parution août 2017, 421 pages

 

     Qui est Gabriële Buffet-Picabia ? Anne et Claire Berest sont ses arrière-petites-filles et tentent à travers ce récit une reconstitution au plus près de cette femme si singulière.

     Gabriële est une femme de caractère, indépendante et décide à 17 ans de révolutionner la musique en devenant compositeur. Après avoir été refusée au conservatoire, elle réussit son entrée à la Schola Cantorum, où elle est l’unique fille. Hélas, à la fin de ses études, son père veut absolument la marier. C’est alors qu’elle fuit à Berlin et suit la classe de Ferruccio Busoni, pianiste. Lors de ses vacances en famille, son frère lui présente un certain Francis Picabia, jeune peintre déjà bien célèbre. Après une première rencontre sous tension, ils vont très vite devenir inséparables, complémentaires.

« Ce qui se passe entre eux est un face-à-face d’où jaillissent la pensée et la création, c’est le début d’une infinie conversation, au sens étymologique du terme, aller et venir sur une même rivière, dans un même pays. »

     Gabriële abandonne ses rêves pour celui qui deviendra son mari et le père de ses enfants. Elle sera le cerveau de Picabia et ne vivra que pour son œuvre.

« Il n’est pas étonnant que Picabia ait été subjugué par la personnalité de cette jeune femme très cultivée et d’une indépendance d’esprit remarquable : par sa manière de penser et d’agir, elle était très en avance sur son époque et son milieu. »

 

 

     Les sœurs Berest signent un texte à quatre mains sous forme de quête familiale. En effet, elles ignoraient l’existence de Gabriële et il était donc nécessaire pour elles de retracer ce bout de parcours inconnu, connaître la raison de cette mise à l’écart. Un joli travail d’écriture, parfaitement accordé.

« Je parlais de Gabriële hier avec des amis, j’essayais d’expliquer notre initiative de réhabilitation : effacer son effacement. »

     Elles nous dressent le portrait de Gabriële, femme forte, se dévouant corps et âme à Picabia. Sa personnalité m’a beaucoup fascinée. En revanche Picabia est un peu trop égoïste à mon goût, rejetant ses enfants et étant infidèle. Couple en parfaite contradiction.

« Francis et Gabriële sont faits pour parler ensemble, pour échanger, pour théoriser, pour créer –pas pour faire l’amour. Leur entente n’est pas physique, mais métaphysique. Ensemble, ils ‘produisent de la matière.’ »

     Ma lecture s’est déroulée comme pour une biographie, plate, dense, manquant de vie. Seuls les passages avec Guillaume Apollinaire ont été pour moi aussi poétiques que le personnage. À noter également les interventions des sœurs Berest à chaque fin de chapitre pour nous notifier les difficultés de recherches, les prises de position car il faut savoir que leur mère Lélia refusait de parler de Gabriële. Leurs interventions cassaient un peu le rythme pur d’une biographie.

     Gabriële est un roman riche. Nous voyageons au début du XXème siècle, à travers la France, l’Espagne et l’Amérique où l’art y a une place prépondérante pour nos protagonistes. Les sœurs Berest parviennent à sortir de l’ombre cette femme hors du commun, Gabriële, qui méritait une mise en lumière dans le monde de l’art.

 

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16 novembre 2017

La fractale des raviolis- Pierre Raufast

Folio, parution juillet 2016, 234 pages

 

     Nous démarrons ce roman avec une femme trompée par son mari. « Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance. » Sans grande surprise celle-ci veut se venger. Comment ? Sa réflexion n’est pas longue, elle décide de l’éliminer, plus précisément en l’empoisonnant avec un plat de raviolis préparé par ses bons soins. De là vont s’enchaîner des scènes, des allers-retours, des bribes de souvenirs.

 

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     C’est un roman à tiroirs où le lecteur est tenu en haleine avec de courts chapitres. J’ai bien pensé me perdre à travers toutes ces petites histoires. Où voulait en venir Pierre Raufast ? Et puis, tout s’enchaîne en enfilades. Le puzzle se construit pour en revenir à ce fameux plat de raviolis.

« Un roman gigogne d’une inventivité rare, qui nous fait voyager dans l’espace et le temps. »

 

     J’ai découvert Pierre Raufast avec son troisième roman La baleine thébaïde’ (et oui je suis illogique !) un auteur à la plume folle, sans être péjorative, au contraire j’adore, il se démarque d’une littérature classique et j’ai hâte de lire ‘La variante chilienne’.

     Roman lu dans le cadre de l'objectif PAL d'Antigone.

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