Éditions Unicité, mai 2018, 88 pages

 

     Watson Charles  prend pour thème la mer dans son dernier ouvrage. Cette mer des Caraïbes qui entoure son pays, Haïti. « La mer, omniprésente en Haïti, est vraiment ce miroir de l’âme que le poète ne cesse d’interroger pour faire sens de sa présence au monde. » Même s’il ne vit pas là-bas, Watson Charles accorde beaucoup d’importance à son île et dans ses poèmes lui rend un bel hommage. « Je t’écris pour te dire que mon cœur est une rivière qui coule à ta rencontre. Et que chaque goutte est un hymne à la terre, que chaque cri te dit la levée du jour. Je t’écris comme ce vent qui passe et qui 35922948_10216686534661737_2527613091491872768_nm’emmène vers toi, pour te dire que mon cœur est à la dérive des continents. » C’est doux, lent, intime et poignant. L’auteur nous replonge dans l’horreur de cette vague de janvier 2010 emportant tout sur son passage. « Je ne crois qu’à tes yeux/ Même si les nuits me viennent/ Par avalanche dans l’eau pure/ Ou dans ce deuil aérien/ Tu comprendras que cette terre/ Est un amer linceul/ Que je porte parmi tant d’autres / Tel un tabou d’un siècle ancien. » Il pleure à jamais les disparus, les morts et fait de la mer un mystère. Il se demande quelle est son rôle, sa place et cela en devient une obsession, tournant en boucle dans ces pages. Jusqu’à la chute, l’arrêt, l’abandon, l’absolution de l’auteur.