Les nouvelles éditions François Bourin

Parution janvier 2016, 184 pages

 

Adèle et Hugo décident de protéger leur fils Nino en le tenant à l’écart des livres, ceux-ci sont enfermés dans une chambre interdite à l’étage de leur maison où Hugo passe le plus clair de son temps car il est (hélas!) écrivain. Adèle a quitté son travail de journaliste pour s’occuper de Nino et ainsi lui faire l’école à domicile. En 2017, la Grande Numérisation fait disparaître tous les livres ce qui facilite la tâche des parents de Nino, chacun brûle ses biens littéraires. Un jour Adèle emmène son fils visiter la très grande bibliothèque avec sa tour des lettres, la découverte de Nino va bouleverser son existence à jamais.

 

Un roman qui m’a touché dès les premières pages, comment empêcher un enfant de caresser une œuvre littéraire ? Comment trouver sa place dans cet environnement familial où l’écriture envahit tout? J’avoue avoir détesté ce bouquin ... pendant un temps … et puis l’auteur joue sur le rôle protecteur de la mère, les choix qui viennent avec la maturité de chacun, l’héritage que l’on ne peut rejeter. Une belle lecture, mère et fils sont attachants, attendrissants.

Adeline Fleury rend un bel hommage aux livres et leur fait une belle déclaration d’amour, merci.

 

Extraits

 

« Écrire de belles phrases pour se mirer dedans. Miroir, ô miroir qui a la plus belle plume ? »

« Je suis Nino Santi, fils d’Hugo et d’Adèle Santi, écrivains gâchés, moi Nino Santi, le tout dernier bouquiniste de Paris et sans doute de France. »

« Vierge de toute dérive de la société de consommation, il n’est jamais soumis à la tentation. Il grandit dans un cocon. »

« - Le problème avec les mots, c’est leur interprétation. Chacun veut imposer sa vision des choses, sa vérité, soumettre aux autres sa définition, jusqu’à prendre les armes.»

« Je suis le magicien des mots, je suis le magicien qui ose, qui ose braver les interdits d’une mère un peu fêlée : F-E-L-E-E. »

« J’ai cessé de consulter des spécialistes des addictions et je me suis résolue à cette idée : jamais je ne pourrai me passer de littérature, jamais je ne pourrai me priver des mots. »

« Quoi de plus efficace que les mots pour faire tourner le monde ? Moi je suis fier de cet héritage. »

« Plus que l’amour, il a les mots en héritage. Il n’écrit pas, il restaure le passé. Et c’est à sa famille qu’il dédie son œuvre. »

 

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