Librinova, juin 2019, 285 pages

Lucile,

     Toi et moi c’est bien plus qu’un échange autrice/bloggeuse, tu le sais. Ton premier roman Mon petit cœur de pierre a été ma première lecture et chronique pour le magazine Bloggers’, tout un symbole affectif. Je t’avais dit et redit combien je l’avais aimé. Ton écriture a encore sévit sur moi avec ce second roman Traverser les orages. Tu nous offres l’adolescence sur un plateau avec Liv qui a la vie rêvée. Seulement voilà, un orage approche, puis un deuxième, un troisième, et la pluie s’abat sur elle provoquant de douloureux dégâts 70885908_410537312988980_934783362638282752_némotionnels. Heureusement, sa confrérie l’entoure et la protège du mieux qu’elle peut pour Traverser les orages. J’ai plongé dans ton texte les yeux fermés (enfin pas trop non plus !) sachant à l’avance que j’allais être transportée par l’histoire. Et ça n’a pas loupé. Tu écris de façon naturelle et proche du réel les ressentis de tes personnages, me laissant m’en imprégner rapidement. J’ai eu l’impression d’être un maillon de cette confrérie, d’être près d’eux, avec eux, à les soutenir. Cette amitié, tu as su en faire un personnage à part entière, laissant les orages graviter autour.

     Une chose m’a scotchée, pas négativement, ne saute pas sur ta chaise ! La maladie mentale. J’ai envie de dire, enfin ! Oui, car ce thème n’est que rarement abordé en jeunesse et c’est dommageable. Tu l’abordes avec une telle bienveillance que le sujet glisse, ne faisant pas fuir le lecteur. Chaque mot, fait est placé avec sensibilité, me mettant à l’abri comme dans un cocon, protégée. Voilà Lucile. J’ai beaucoup aimé ton roman qui traite de l’adolescence et son lot d’orages à traverser pour qu’à l’horizon le soleil pointe son bout d’nez. C’est un peu l’affront du passage à l’âge adulte, obligatoire pour chacun. Te lire est du pur bonheur. Tes mots sont si justes pour des thèmes si difficiles que l’on ne peut qu’être séduite. Je t’en supplie, dis-moi qu’un troisième texte trotte dans ta tête.

 

     PS : Je dois te dire que l’extrait le plus marquant pour moi est celui-ci « J’ai pensé ‘cet endroit n’est pas sérieux’, mais ce n’était pas vrai, c’était l’endroit le plus sérieux de la terre, là où se donnent rendez-vous tous les fracassés du secteur, les fauchés en plein vol, ceux qui à un moment disaient ‘stop’ et se retiraient de la vie. On ne souhaite pas la bienvenue dans ce genre d’endroit, on se contente de dire : -Bonjour, c’est par là. » Punaise tu oses, que c’est fort !