Gallimard, octobre 2019, 167 pages

Prix Renaudot 2019

 

« - Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis six ans, dit Munier. Elle vit sur les plateaux. Il faut de longues approches pour l’apercevoir. J’y retourne cet hiver, viens avec moi. »

 

Sylvain Tesson embarque pour le Tibet avec Vincent Munier et Marie Amiguet à la recherche d’un animal sauvage. Attendre de longues heures. Rester immobile, calme, silencieux. Il faut beaucoup de patience et ne pas forcer la bête. Viendra-t-elle ? Les observe-t-elle ? À plus de 5000 mètres d’altitude et par -30°C, le groupe progresse et observe les troupeaux de yacks, les loups, les vautours, en attendant celle qui se fait désirer, La panthère des neiges.

 

« Il me passa la longue-vue, m’indiqua précisément l’endroit où viser, mais je mis un long moment à la détecter c’est-à-dire à comprendre ce que je regardais. Cette bête était pourtant quelque chose de simple, de vivant, de massif mais c’était une forme inconnue à moi-même. Or la conscience met du temps à accepter ce qu’elle ne connaît pas. L’œil reçoit l’image de pleine face mais l’esprit refuse d’en convenir. 

Elle reposait, couchée au pied d’un ressaut de rochers déjà sombres, dissimulée dans les buissons. Le ruisseau de la gorge serpentait cent mètres plus bas. On serait passé à un pas sans la voir. Ce fut une apparition religieuse. Aujourd’hui, le souvenir de cette vision revêt en moi un caractère sacré.»

 

99

 

Un récit d’aventure qui amène à la beauté. Celle des paysages lointains et encore sauvages mais pour combien de temps. Espérons que la folie de l’Homme s’arrêtera aux limites des terres inconnues.

Un hymne à la nature et à la douceur dont les deux hommes font preuve pour parvenir à leur objectif : voir La panthère des neiges. Même si c’est la raison pour laquelle ils sont venus au Tibet, il est aussi question d’interrogation sur soi-même, de prise de conscience du corps et de l’esprit.

Ce livre invite à se poser, à observer ce qui nous entoure. Le béton. La surconsommation. L’extinction des espèces animales. La destruction des forêts. La pollution. Le tableau de notre monde est bien noir. Je ne veux pas d’un monde sans vie et je me battrai, à mon échelle (évidemment) pour préserver mon environnement.