Casterman, novembre 2019, 324 pages

Louise est une élève brillante et de grandes écoles s’offrent à elle. Sa mère y veille tel le Messie. Quasiment tous ses vœux de Parcoursup sont validés. Un bel avenir devant elle. Le rêve. C’est ce que sa mère veut et exige même en dépit des envies de sa fille. Louise désire une toute autre vie. La liberté de choisir. Ne pas rentrer dans une case. Ne pas subir et affronter. En est-elle capable ? 

« Aller voir ailleurs comment bat le cœur du monde, sortir de la route, se choisir une autre voie, un autre parcours. Là où personne ne la connaît, là où elle pourrait être une autre. Mille autres. Ou juste elle-même, tout simplement. »

94582183_234255847681208_8470259507300139008_n    Un roman au goût du jour et qui parlera aux lycéens…ou pas ? L’enfer de Parcoursup ou comment décider de sa vie en cochant simplement des cases. Des choix par conviction, d’autres par intérêts et puis ceux pour faire plaisir aux parents. Il y a de quoi être déboussolé à 18 ans. L’âge entre deux mondes. Celui de la majorité, de la maturité. Celui du choix d’avenir et de liberté.

« Le bac comme un check-point de plus te conduisant là où tu n’as pas vraiment envie d’aller. Le ticket pour aller prendre un train dont elle ne connaît ni la voie ni la destination. Et eux, tous, pressés sur le quai de se choisir sans délai un avenir. »

    Louise n’est pas une révolutionnaire, n’allez pas y chercher un texte fort qui dépote. Elle se questionne sur son avenir et sa famille, tournant cela dans tous les sens. L’autrice en joue dans le graphisme du texte. J’ai lu Désorientée comme un journal intime, une expérience unique pour cette gosse de riches. Car il faut bien le dire, il est rare qu’un jeune soit accepté dans toutes les écoles. Un peu trop idéalisé à mon goût. Chacun n’ayant pas autant de facilités que Louise je me demande si le texte reflète vraiment les lycéens d’aujourd’hui. Faisant abstraction de cet effet ‘richou’, la réflexion est intéressante. Prendre des décisions et devenir responsable.

« Tout envoyer

Chier

Vivre

Profiter

Laisser la colère

Grandir

L’idée germer

Assumer

(S’assumer) »

   Marine Carteron utilise différents styles d’écriture, ensorcelant la lecture. Elle nous sort des sentiers battus de mise en page classique, et ça j’aime beaucoup. Un livre agréable à lire.

    Je vous invite à lire l’avis d’Émilie sur son blog La cabane de mes livres.