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L’école des loisirs, janvier 2019, 125 pages

Première lecture commune sur mon blog. Je ne voyais personne d'autre que mon amie Amélie pour la faire avec moi. Comment l'avons-nous choisi? Tout simplement lors d'une rencontre croisée des deux auteurs à la Médiathèque Louis-Aragon du Mans le mois dernier. Le roman étant sélectionné pour le Prix des lecteurs de la Ville du Mans et de la Sarthe. Voilà donc notre retour :)

 

Mon avis

     Un soir, en rentrant du collège, Basile ne suivant pas son chemin habituel, se retrouve dans une gare désaffectée. Se posant, seul, ne sachant quoi attendre. Gaëtan, qu’il a connu à l’école primaire, l’aborde et lui propose à manger jusqu’à l’arrivée de quatre jeunes migrants. Basile leur vient en aide mais les passeurs en ont décidé autrement et l’un d’eux disparaît.

     Les étrangers est un roman écrit à quatre mains. Éric Pessan et Olivier de Solminihac collaborent pour un texte au sujet sensible : les migrants. À tour de rôle ils ont construit leurs histoires.

     Je ne sais pas trop quoi penser de ma lecture. Ce sujet me plaisait beaucoup, il était porteur de message symbolique pour nos ados. Mais pour moi il n’a pas été traité à hauteur d’ado. Tout va vite, trop vite. À tel point que je me retrouvais avec des infos sans en connaître la source. Ce sujet aurait mérité d’être abordé plus en profondeur, quitte à y rajouter quelques pages. Pour comprendre que l’humanité se disloque et que chacun est maître de son courage.

 

 L'avis d'Amélie

     « J'ai l'impression que l'on vit tous dans des mondes parallèles. On croit que les autres partagent notre réalité alors qu'ils sont à des années-lumière de nous. Des adolescents de mon âge traversent un quart de la planète pour échapper à la guerre, d'autres sont contraints d'être les pères de leurs pères. Et mon père, je pense, dans quel monde parallèle au nôtre a-t-il trouvé refuge maintenant qu'il fuit de plus en plus souvent ? »

     C’est sans doute cette nuit-là que Basile a grandi, peut-être même quitté l’enfance. Parce que du mensonge d’enfant qui lui a fait dire à sa mère qu’il passait la nuit chez un copain alors qu’il était dehors avec un garçon qu’il n’a pas revu depuis des années, découle une nuit de rencontres avec ce qu’il ne connaissait pas : l’errance, le danger, la violence, la solidarité, aussi.

     Une nuit qui lui aura ouvert les yeux sur le monde qui l’entoure et dans lequel il évolue : le quotidien des jeunes migrants qui sont pourtant tout près de lui, mais dont il n’avait pas conscience ; l’errance d’un jeune garçon qu’il croyait connaître mais qu’il découvre sous un nouveau jour ; son père et sa mère, leurs difficultés d’adultes et la façon dont ils font face…

     Comme Héliéna, je m’attendais à ce que le sujet des migrants soit plus au centre de l’histoire. Ce que je retiens des Étrangers, c’est le chemin de ce jeune garçon qui tend vers une forme de maturité en découvrant à la fois la noirceur du monde et la beauté des rencontres.