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28 mars 2017

Marx et la poupée- Maryam Madjidi

Le nouvel Attila, parution janvier 2017, 202 pages

     Maryam Madjidi nous offre des bribes de souvenirs, du plus violent au plus généreux. Elle est née en Iran durant la révolution au milieu de parents militants, se servant d’elle pour transporter des documents secrets dans ses couches. Son quotidien d’enfant est bercé de réunions clandestines auxquelles elle assiste malgré elle. Et puis un jour les bassidis débarquent, il faut fuir le pays.

« Le foulard de ma mère glisse sur ses cheveux noirs, elle le remet, il retombe, des mèches de cheveux s’envolent. Les pans de son manteau ample et long sont comme deux mains qui se soulèvent et flottent dans l’air, applaudissant notre départ, notre course effrénée vers l’avion, vers la liberté. »

     L’exil vers la France débute alors ; ce pays inconnu, cette langue inconnue … Maryam a des débuts difficiles dans sa scolarité, ne parle pas mais observe et écoute. Comment dompter cette langue étrangère ? Comment s’intégrer lorsqu’on se sent si différente ? Elle raconte à tous son histoire jusqu’à être hantée par les fantômes de sa famille notamment son oncle Saman emprisonné pour ses idées politiques. Elle se heurte à son père qui veut qu’elle n’oublie pas la langue persane. Maryam grandit, évolue, mûrit, maîtrise cette réalité de vie d’exilée pour s’intégrer au mieux.

 

     Ce roman autobiographique se présentant comme un journal intime, nous livre des allers-retours de la vie de Maryam Madjidi.

« Je déterre les morts en écrivant. C'est donc ça mon écriture ? Le travail d'un fossoyeur à l'envers ? »

     Il nous confronte à cette réalité de révolution iranienne, face à ces abandons d’identité, d’histoire, d’ancêtres, et des siens. L’exil est fort dans ce récit, touchant et douloureux pour cette famille qui veut survivre. On est sensible à l’intégration difficile dans un pays étranger, un parcours du combattant au quotidien.

     Maryam Madjidi a su trouver les bons mots, justes et puissants nous poussant à la réflexion sur ce parcours de femme libre ; mêlant les cultures, les langues, les joies et les peines.

     Roman riche à lire et relire.

     Ce roman fait partie de la sélection des 68 premières fois, édition 2017

 

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