Rouergue

Parution septembre 2016, 172 pages

 

Depuis la mort de sa mère, Élina 14 ans reste mutique, refusant même de parler à son père. Elle occupe son temps libre au Jardin des Plantes à observer les végétaux. Un jour, Élina se décide à courir dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour remonter le temps, revoir sa mère, retrouver un sens à sa vie. Elle rencontre Violette, ancienne marathonienne clouée dans un fauteuil roulant. Les deux femmes vont se côtoyer tous les jours, Violette voulant apprendre la course à cette ado perdue et lui redonner goût à la vie avec la musique. Les jours passent, Élina vit, parle, sourit mais un secret scelle cette belle amitié et va tout bouleverser.

 

N’œils humides au RDV. Fanny Chiarello nous décrit parfaitement les émotions des personnages pour nous faire entrer dans leur histoire. Un livre que je n’avais pas envie de lâcher pour ne pas abandonner Élina dans ce deuil difficile. Lecture courte et rapide, prenante et bouleversante qui ne s’adresse pas seulement aux ados car nous sommes tous confrontés à la perte d’un être cher au cours de notre existence.

Une auteur que je vais lire et relire :)

 

Extraits

« J’ai aussi perdu le sourire, et tout ce qui te faisait m’appeler ta petite étincelle. Elle est éteinte, l’étincelle, maintenant que tu n’es plus là pour souffler sur elle ta fantaisie et ton amour de la vie. »

« -Ma bibliothèque est la plus grande liberté qu’il me reste, dit Violette. Mon fauteuil ne peut pas m’emmener au bout du monde, mais les livres, les films et les disques, eux, le peuvent. Mes bras sont assez musclés pour le genre de voyage qu’ils proposent, et les obstacles y sont rares. Il n’y a pas de mobilité réduite dans leur univers, tout le monde peut y évoluer à son aise. »

« Je suis épuisée, j’avais oublié combien parler requiert d’énergie. La tête me tourne un peu, je crois entendre l’écho de ma propre voix dans ma boîte crânienne. »

« Elina, Te rencontrer m’a donné l’illusion que je pouvais de nouveau vivre, juste un peu, et uniquement à travers toi. Par procuration, comme on dit. Tu pouvais être mes jambes, mes oreilles, ma jeunesse, tout ce que j’avais perdu d’un coup. »

« Elina, Le jour où tu as perdu la parole, j’ai perdu l’usage de mes jambes. Le jour où la parole t’est revenue, je ne me suis peut-être pas levée de mon fauteuil roulant mais tu as réintroduit le mouvement dans ma vie. »

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